mercredi 6 mai 2020

Confort

Bientôt deux mois de confinement, avec le temps se pose de plus en plus la question du confort. Le confort ne se traduit pas uniquement par le besoin impérieux de voir son coiffeur ou son barbier (personnellement, j'ai opté pour un grand coup de tondeuse sur le crâne dès le début du confinement, pour la barbe je ne suis plus à 2 ou 3 mois près). Le confort, c'est aussi avoir des vêtements à sa taille (souvenez-vous l'histoire des chaussures de Grande Fille), d'être à l'aise dans ses affaires. Chez moi, c'est l'opticien qui me manque. Mes lunettes sont fragiles, elles se desserrent rapidement (Docteure dit que ça arriverait moins si je ne laissais pas Grande Fille m'écraser le visage...). Je n'ai qu'une hâte revoir un opticien pour qu'il ressert mes lunettes. L'étape suivante sera de voir un ophtalmo, j'attendrai pour ça qu'on puisse coller son front et son menton sans crainte sur une surface partagée avec des dizaines de personnes par jour.

Ce besoin de l'opticien est un confort car il aide à voir loin. En ce moment, c'est ce qui manque le plus, une vision au loin. Quelle vision à long terme quand on ouvre des écoles pour moins d'une quinzaine d'élèves dans l'urgence sans pouvoir garantir une activité normale aux heureux élus ? Cette vision à long terme manque encore plus pour les élèves qui ne retrouveront pas les chemins tout de suite. Quand iront-ils de nouveau en classe ? Est-ce que ce sera avant la rentrée de septembre ? Et quelle vision pour les enseignants qui doivent encore se demander comment concilier l'enseignement en présentiel et l'enseignement à distance, deux fois plus de travail ? Ce manque de vision inquiète aussi Docteure. Cette fois ce n'est pas dû au choix du gouvernement, les universités sont fermées jusqu'à la rentrée mais sur les messages qu'on leur passe actuellement. Ils se préparent à une rentrée de septembre avec ds cours à distance et non en présentiel pour les premières semaines. Si tel est le cas, on peut d'autant plus s'interroger sur l'intérêt de la réouverture des classes dès la semaine prochaine...

Dans ma boîte, on semble être dans le même état d'esprit que l'université de Docteure. Nous avons eu aujourd'hui un message étonnement clair sur la reprise du boulot en présentiel. Ce dispositif se fera de façon étalée dans le temps jusqu'à mi-septembre avec deux phases préparatoires avec des objectifs clairs pour le mois de mai. C'est presque cocasse qu'une grande entreprise publique, le genre d'entreprise régulièrement décriée par le gouvernement de la start-up nation, soit plus efficace et plus transparente que notre gouvernement pour donner des conditions claires pour une reprise sereine de l'activité dans les bureaux.

Même question sur la vision à long terme pour le monde de la Culture. Sans les tournage de cinéma, sans les théâtres, sans les festivals et les concerts, c'est tout un pan de l'économie qui est à l'arrêt et ce n'est pas le pan le plus à l'aise financièrement. Ce mercredi le Président de la République doit indiquer des mesures pour leur venir en aide... Espérons de vraies annonces car la dernière fois que le gouvernement a parlé déconfinement et monde de la culture, je crois que c'était Edouard Philippe à l'Assemblée Nationale. La seule information qui en est ressortie est la reprise des cérémonies religieuses à partir du 2 juin...

Une vision à long terme permet d'apporter un confort non négligeable qui s'appelle l'assurance. La prochaine étape est le confort de pouvoir préparer ses vacances d'été. Le gouvernement a déjà rappelé à de nombreuses reprises qu'il ne fallait pas trop compter sur des vacances à l'étranger. On reconnaît bien là nos ministres habitués des vacances à des milliers de kilomètres de leur train-train quotidien. Pourtant la majorité de Français restent en France et même pour eux le flou est total. Les juilletistes pourront-ils partir ou devront-ils profiter de vacances dans un rayon de 100km ? Ça peut être un avantage quand on habite à moins de 100 km d'un parc d'attraction. Pouvoir profiter du Parc Astérix quasiment vide serait un luxe pour les "riverains", moins pour la gestion du parc.
On peut d'ailleurs s'étonner que le gouvernement annonce qu'il ne faut pas compter sur des vacances à l'étranger quand dans le même temps il annonce qu'il n'y aura pas de quarantaine pour "toute personne, quelle que soit sa nationalité, en provenance de l’UE, de la zone Schengen ou du Royaume-Uni". Est-ce que ça signifie qu'un Letton ou un Anglais pourra profiter de vacances dès le mois de mai sur la Côte Atlantique (zone verte) mais qu'un Français ne pourra pas partir ni en Europe ni sur la dite côte Atlantique ?

J'ai hâte de retrouver le confort de ma vie d'antan, de retrouver le confort d'avoir un accès facile et rapide à un besoin inattendu comme une paire de chaussures, de lunettes, de retrouver le confort de la vie parisienne avec ses restaurants, ses nombreuses aires de jeux, ses musées, ses activités...

En attendant, une vidéo de deux génies de la musique qui se retrouvent pour la deuxième fois en une trentaine d'années, une sorte de déconfinement de l'amitié :

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