lundi 25 mai 2020

Contour

Deux semaines, voilà deux semaines que le déconfinement a commencé. Si mes calculs sont bons, ça fait donc 10 semaines que nous sommes confinés. Plus de 70 jours que je n'ai pas vu un collègue en vrai. Tout autant de jours que je n'ai pas commandé un plat au restaurant ou une bière au bar. Heureusement que l'apéro quotidien en famille me permet ce doux moment d'hésitation, le temps de choisir entre un verre de Kwak ou un verre de Paix Dieu... Ça fait donc deux semaines que le déconfinement a commencé, une semaine et demi que l'on sait qu'on pourra partir en vacances (en France, pas à l'étranger malgré les appels du pied de l'Espagne) et quelques jours que nous avons la date fortement probable du second tour des élections municipales. Ecrire ce récapitulatif me montre que nous ne sommes pas oubliés, que des nouvelles tombent régulièrement pour dessiner les contours du monde d'après. C'est rassurant surtout que j'ai la nette impression qu'un silence assourdissant entoure les jours à venir.

Peut-être que cette impression est due à mon nouveau mode de confinement. Etant en famille, je ne passe plus mes fins de soirées devant FranceInfo. Cette absence de ressassage des mêmes informations, des mêmes déclarations m'a donné l'impression que notre gouvernement nous avait un peu oublié depuis qu'il nous avait légèrement ouvert la porte le 11 mai dernier. Autre point qui ajoute à cette impression d'abandon, l'absence de mise à jour de la page info-coronavirus du gouvernement. Sa dernière mise à jour est indiquée de façon ostentatoire avec un petit point clignotant. Elle date du 13 mai 2020 à 19h30 ! Il n'y a pas de changement non plus sur la carte de synthèse de l'épidémie dans les départements. Depuis le 7 mai cette carte n'évolue plus. J'ai tout de même un doute sur le fait qu'elle soit toujours mise à jour. Du 30 avril au 6 mai, il y avait des changements de couleur tous les jours. Puis est arrivée la suppression des départements orange et la fixation des régions rouge du nord et de l'est de la France. Pour les habitants de ces régions, rien de neuf sous le soleil, même pas une petite tendance qui viendrait apporter une lueur d'espoir pour le début du mois de juin.

Le gouvernement a promis un nouvel état des lieux la première semaine de juin. Il est donc normal d'attendre. Candidement j'espérais que le 2 ou 3 juin serait la date d'application des nouvelles mesures selon l'avancée ou plutôt le recul de l'épidémie. Ce qui signifiait (dans mon esprit impatient) que cette semaine on aurait déjà des informations à se mettre sous la dent pour esquisser le contour de la deuxième phase du déconfinement. A l'horizon, nous ne voyons toujours rien venir à part le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie...

Nous n'avons donc toujours pas de nouvelle d'une éventuelle évolution des capacités d'accueil de la crèche. Dix semaines que Grande Fille joue seule ou avec ses parents et grands-parents. Heureusement qu'on a migré vers l'Oise, elle a pu retrouver les joies du toboggan (bonheur toujours proscrit à Paris, rappelons le) à défaut de retrouver des camarades de jeu de son âge. Je m'inquiète de plus en plus de la façon dont se passera sa rentrée en septembre si elle finit par rester 6 mois entier rien qu'avec ses parents... La séparation et le changement de rythme risquent d'être violents !

J'espérais aussi avoir un peu plus de nouvelles sur la fameuse restriction des 100 km. Pas spécialement pour moi, maintenant que j'ai bougé à 75 kilomètres de mon domicile. Mes vacances d'été sont prévues pour août. On vient de réserver une semaine en plein département rouge. L'espoir nous fait dire que ces restrictions auront pris fin d'ici là. J'attends la fin des 100 km pour tous mes proches qui aimeraient retrouver leurs habitudes et leurs familles qui dans le sud, qui en Bretagne, qui sur la côte Atlantique. Je l'attends aussi car c'est une des rares consignes dont je ne comprends pas l'intérêt. Je me dis que si son sens est abstrait, il y a des chances qu'elle soit la première à sauter début juin.

Devant cette absence (relative) d'informations, vivement qu'on en sache plus sur les contours de notre prochaine phase de déconfinement. Au pire il y a encore une semaine à attendre. Qu'est-ce que 7 jours quand on en a déjà 70 derrière nous ?

En attendant, une chanson qui me donne toujours la pêche, plutôt utile en début de semaine :

dimanche 24 mai 2020

Contusion

Je viens de finir une semaine assez étrange. C'était la semaine de reprise après une semaine de vacances. Ce devait être une petite semaine grâce au pont de l'ascension. Au final, ce fut une semaine difficile. Une légère contusion musculaire m'a bloqué le haut du dos mardi et j'ai eu le droit à une "deuxième vague" le vendredi. Au revoir footings et balades en forêt, bienvenu à l'arrêt forcé tout en essayant de ne pas rester immobile. Cette douleur ne permet même pas de bien me reposer. Le pire c'est que j'ai l'impression d'avoir réussi à me bloquer le haut du dos les deux fois en écrivant un billet de blog... Un journal de confinement dangereux pour la santé, qui l'eut cru ?

Pendant que je me rétablissais à coup de chaufferette, de douches chaudes et de massage, je suis tombé sur un tweet merveilleux de mon ministre de l'Intérieur préféré. L'homme, surement un peu à cran en attendant la réouverture des boites de nuit, a réagi vivement à une interview de Camélia Jordana dans l'émission "On n'est pas couché". Samedi soir, l'actrice et chanteuse évoquait les violences policières : "Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j'en fais partie. Aujourd'hui j'ai les cheveux défrisés, quand j'ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. Vraiment. Vraiment". C'est sur cette citation que Christophe Castaner réagit en disant que ce sont des propos mensongers !

Tout d'abord cher ministre, un ressenti ne peut pas être mensonger ou du moins ne peux pas être qualifié comme tel par une tierce personne, tout ministre fut elle. La réaction était attendue (et ne s'est pas fait attendre) de la part des community managers des syndicats de police. Ils nous montrent régulièrement l'étendue de leurs bêtises dans leurs commentaires sur Twitter. On aurait pu s'attendre à un peu plus de retenue de la part d'un ministre, mais pas de ce ministre qui a toujours nié l'existence des violences policières...
En octobre 2019, il n'était pas choqué en tant que ministre devant les images d'un policier aspergeant de gaz lacrymo le visage d'un pompier manifestant.
En août 2019, il défendait, voire même décorait, le probable assassin de Zineb Redouane (ou un de ses complices) en disant "qu’on n’accuse pas la police d’avoir tué quelqu’un, qu’on ne la traite pas d’avoir assassiné quelqu’un, ça n’est pas le cas".
Toujours en 2019, alors qu'on lui montrait un policier en train de matraquer la tête d'un gilet jaune, il commentait la scène ainsi : "Il n'y a pas d'image de violence policière, il y a une scène où un policier dans l'action, au moment d'une charge, a effectivement poussé quelqu'un".
C'est aussi ce ministre qui disait sur France Inter : "Arrêtons de parler des violences policières (...) Je ne connais pas de policiers qui attaquent les manifestants" !

Pourtant il n'y a rien de nouveau sur le fait qu'en banlieue les gens ont peur de la police. Sans vouloir faire un rappel des nombreuses bavures et violences volontaires exercées par les forces de l'ordre, on a aussi des traces dans la culture populaire (avec un peu de chance ça parlera un peu mieux à ce gouvernement qui écoute Bigard pour prendre des décisions). Dans La Haine, un flic dit "La majorité des flics dans la rue, ils sont pas là pour vous taper, ils sont là pour vous protéger !" mais un jeune lui répondait déjà : "Ah ouais, et qui nous protège de vous ?".
Plus léger, Jamel évoque aussi cette peur dans son sketch pourquoi tu cours : "Mais pourquoi tu cours? Parce que tu cours. Mais j'cours parce que tu cours! On a qu'à arrêter de courir, alors. Moi, j'ai pas confiance".

La nouveauté vient peut-être que cette crainte s'est propagée dans le reste de la population. Il n'y a presque plus une manifestation sans son lot de violence gratuite de la part de la police. Le large emploi du gaz lacrymo à tout bout de champs (sur des manifestants calmement assis sur un pont, sur des manifestant d'EDF lors d'une manifestation on ne peut plus calme et peu peuplée, etc.), les emplois injustifiés des lanceurs de balles, les constitutions de nasses, les poursuites au sein des hôpitaux et d'autres méthodes ont fait que tout manifestant a aujourd'hui peur de la police lorsqu'il se rend à un rassemblement.
Dans la vie quotidienne, s'il n'y avait pas de problèmes de contrôles au faciès (comme s'en plaint Camelia Jordana), il n'y aurait pas tant de demandes pour la mise en place d'un récépissé, demande formulée également par le Défenseur des droits. Camelia Jordana est tellement dans le mensonge que même la Cour de cassation a confirmé la condamnation de l'Etat pour des contrôles au faciès. La Ligue des Droits de l'Homme a encore déposé une plainte contre le racisme des policiers il y a un mois. La liste de ses communiqués sur le sujet est impressionnante, avec par exemple (et uniquement en 2020) :
  • celui contre la violence des contrôles durant le confinement,
  • celui contre l'emploi des différentes grenades,
  • celui contre le placage ventral (technique fatale pour Adama Traoré, Mohamed Boukrourou, Mohamed Saoud, Lamine Dieng, Abdelhakim Ajimi et Cédric Chouviat).

Non monsieur le ministre de l'Intérieur, il n'est pas mensonger de dire que votre police est violente. Oui elle l'était avant que vous arriviez et elle risque fort de continuer à l'être, surtout si vous et vos successeurs continuez à vous confiner dans votre aveuglement. Il n'est donc pas mensonger et encore moins anormal d'avoir peur de la police.

samedi 23 mai 2020

Comparution

Durant cette période de confinement, j'ai réussi à trouver le temps de lire des livres que je ne lis pas habituellement. Ce sont des livres que je préfère lire pendant mes vacances car ils sont soit beaucoup trop volumineux pour être embarqués dans les transports en commun, soit trop anciens et j'ai peur de les abimer. Ils ont cette fois-ci le point commun de parler de la période communiste et de la comparution de communistes convaincus dans les procès fous voulus par Staline.

Le premier ouvrage, je l'avais commencé l'été dernier (La maison éternelle de Yuri Slezkine aux éditions de La Découverte). Un énorme livre (1 296 pages) racontant toute l'histoire de l'URSS en suivant des dizaines de familles communistes de premier ordre vivant dans ce batiment appelé aussi "Maison sur le quai". Il s'agit d'un immense immeuble construit dans un marécage au coeur de Moscou, prévu pour accueillir les plus grands dignitaires communistes. On y apprend par le détail la façon d'envisager l'éducation (pour que les futures générations soient composées que d'hommes et de femmes parfaits), l'amour et la famille (les différents visions sur le mariage, les nombreux divorces, les familles recomposées), la jeunesse, la culture (l'importance de la littérature et du théâtre et leur utilisation politique). Ce livre suivant les traces de grands communistes, il ne peut pas faire l'impasse sur la folie des purges staliniennes (les 2/3 de l'immeuble auraient été visés à un moment ou un autre). Comment certains font actes de repentance pour avoir oser former des courants minoritaires au sein du parti communiste, comment tous ont vécu dans la crainte de l'arrestation, du procès, de l'emprisonnement et surtout de la déportation, l'importance de l'assassinat de Kirov, des premiers procès de Zinoviev et de Kamenev, de Boukharine). On lit aussi les conséquences pour les familles (femmes et enfants, frères et soeurs) de ces "traitres" à la patrie. C'est un livre grandiose pour quiconque s'interroge sur la vie en URSS selon le modèle communiste car toutes ces personnes n'avaient qu'une seule exigence, vivre et élever leurs enfants comme de bons communistes. Malgré tous ces efforts, ils finissent presque tous coupables, emprisonnés, déportés, exécutés. Je suis toujours fasciné par l'organisation, par la construction de cette volonté de purger tout un pays de ses meilleurs éléments pour asseoir un pouvoir et le rendre incontestable. Je me demande comment les réflexions et les discussions ont évolué pour arriver à un tel résultat.
Dans ce livre Yuri Slezkine compare le communisme aux autres grandes religions qu'il appelle "sectes millénaristes" car tous ont en commun la promesse d'un monde meilleur, la création d'un homme parfait et la construction d'un monde meilleur. En suivant cette comparaison, la vitesse de mise en place du communisme en Russie, les progrès atteints en à peine une génération sont incroyables. Les pertes et les sacrifices le sont encore plus.

Le confinement durant, j'ai enchainé sur l'Aveu d'Artur London. J'ai "hérité" d'une édition que l'auteur avait dédicacée à une communiste résistante et déportée à Mathausen comme lui. Dans ce livre, l'auteur, vice-ministre tchécoslovaque des Affaires Etrangères au début du livre, ancien des Brigades Internationales en Espagne, ancien résistant en France puis déporté en Allemagne, explique l'enfer qu'il endurera pendant 4 ans dans les prisons de son pays. On y apprend les tortures subies durant deux ans pour monter de toutes pièces un procès contre un pseudo centre d'espionnage contre l'Etat puis les conditions de détentions effroyables vécues les deux années suivantes en luttant pour sa libération et la sécurité de sa famille. Dans cet ouvrage, on y voit l'amour et la confiance absolu des militants communistes pour leur parti. On découvre qu'une femme peut demander le divorce car elle préfère vivre comme une bonne communiste plutôt que de vivre aux côté d'un traitre au communisme. J'y découvre qu'à l'époque le PCF était si influent qu'il était acteur d'une diplomatie parallèle avec les "pays frères".
Le plus effrayant est que le procès paraît plus vrai que nature : les accusés sont jugés au sein d'un vrai tribunal, avec un véritable juge, un procureur, ils sont défendus par des avocats. Pourtant ce procès est une pièce de théâtre où chaque acteur récite mot à mot le texte choisi par les émissaires soviétiques. Résultat, la presse couvre le procès et personne à l'extérieur ne peut deviner que les aveux sont faux et que l'issue est truquée. La situation est pire que nos "fake news", nos "ça ne peut être que vrai ils l'ont dit sur facebook" puisque tous les médias de référence ne peuvent que tomber dans le panneau. En lisant ce récit, je ne pouvais m'empêcher de penser que si la situation se reproduisait, nous ne pourrions que très difficilement le savoir. Des lanceurs d'alerte crieraient au complot mais seraient relégués au rang de vulgaires hurluberlus. De sages journalistes décrypteraient le tout et prouveraient par "a + b" le faux complot puisque dans les procès verbaux, dans les récits des journalistes présents, dans les aveux des accusés, tout coïncident. Des hordes de twittos s'acharneraient sur ceux qui reviendraient sur leurs dépositions en ressortant toujours et toujours les mêmes tweets, les mêmes extraits, les mêmes images d'archives. En lisant, je repensais aux Ze et à ces fous, ex soutiens de Hollande et à présent chiens de garde du macronisme. Je me demandais (et me demande toujours) s'ils ont conscience que leur comportement n'est que l'adaptation du stalinisme au XXIe siècle...

Toute cette lecture historique est passionnante. Elle permet aussi de mettre en comparaison l'époque dans laquelle on vit avec ce passé pas si lointain. Dans l'actualité judiciaire du moment, de nombreuses plaintes ont été déposées pour faire comparaitre nos gouvernants devant la Cour de Justice de la République (CJR). Le 20 mai, il y avait plus de 100 plaintes contre le gouvernement ou contre X pour mise en danger de la vie d’autrui (punie d’un an de prison), ou parce que le gouvernement se serait abstenu "volontairement de prendre les mesures permettant de combattre un sinistre de nature à créer un danger ou un risque pour la sécurité des personnes". Je suis un peu gêné par tout ça. Tout d'abord gêné par le fait que cette CJR existe toujours alors que c'était une des promesses de François Hollande d'y mettre fin. Pour cela il aurait fallu qu'on assiste à cette tant attendue tentative de réforme de la constitution qui aurait permis aux étrangers de voter aux élections locales et donc de mettre fin à cette justice d'exception.
Ces plaintes me gênent car si je suis assez convaincu que ce gouvernement n'a pas toujours fait les bons choix ou pas au bons moments, ce n'est pas à la justice de le sanctionner mais aux Français dans les urnes. J'ai l'impression qu'une plainte contre nos ministres (le chef de l'Etat est intouchable) n'aurait éventuellement du sens qu'après la tempête, si des enquêtes montraient qu'il y avait une volonté délibérée de nuire à la santé des Français en leur cachant des informations. Je ne pense pas que la tenue du premier tour des élections municipales ou le non renouvellement du stock de masques soient des pénalement répréhensibles. Je suis plutôt en phase avec Laurence Rossignol quand elle dit qu'"il ne faut pas confondre faute pénale et faute politique. C’est pourquoi je suis favorable à une commission d’enquête parlementaire, qui devra dire ensuite si des infractions pénales ont été commises."

Pour finir sur ce billet "lecture et justice", juste avant ce confinement, j'ai lu la magnifique autobiographie de Henri Leclerc (La parole et l'action, Fayard), avocat pénaliste et ancien président de la Ligue des Droits de l'Homme. Au fil des chapitres, l'homme montre ce qu'est être militant (au PSU et à la LdH). Il y décrit de la plus belle des manières le métier d'avocat, l'ambiance des procès. Je pense que si j'avais lu ce livre étant adolescent, je serais devenu avocat.

jeudi 21 mai 2020

Combine

Il y a quelques jours je relisais deux vieux billets de blog écrits au moment où Emmanuel Macron démissionnait du gouvernement. A l'époque (août 2016), j'étais persuadé qu'il s'agissait d'une combine pour ramener des électeurs vers un vieux ténor de la droite ou une combine pour lancer François Hollande vers sa réélection. C'était à une époque où je ne croyais pas à la puissance de frappe d'une petite structure qui ne se voulait ni de droite ni de gauche mais qui était en fait bien de droite et de droite mais ouvertement accessible aux moins gauchistes de mes anciens camarades.

Aujourd'hui l'annonce ne ressemble pas, même de loin, au séisme de la démission de Macron pour tracer seul sa route, mais cette annonce de fin de majorité absolue pour le groupe La République En Marche ressemble tout de même à une belle combine pour préparer le terrain pour 2022. Que s'est-il passé en pleine obsession du déconfinement ? Le groupe En Marche à l'Assemblée Nationale a vécu un drame que même les frondeurs de Hollande n'avaient pas osé, il y a eu scission ! 17 parlementaires, la rage au ventre, ont quitté le groupe de la majorité présidentielle pour former un groupe "Ecologie Démocratie Solidarité" (EDS). La rage au ventre ? Pas vraiment...

Leur déclaration ressemble à un pur produit estampillé En Marche ! Il veulent "de l'audace, de l’ambition, de la rupture". Surtout il ne s'affirme pas comme un groupe d'opposition au gouvernement, ils restent donc des soutiens officiels du gouvernement, tout comme les groupes "Modem et apparentés", "UDI, Agir et Indépendants" ou "Libertés et territoires". Au final, ils sont 378 députés sur les 577 à siéger à l'Assemblée Nationale sans se considérer comme faisant partie de l'opposition. A noter que les membres du groupe "UDI, Agir et Indépendants" se sont exclus de l'opposition en septembre 2019 en faisant modifier la description de leur groupe parlementaire. Ils se garantissent ainsi une meilleure visibilité tout en ne mettant pas en danger l'équilibre des forces en présence.

C'est pourquoi cette soi-disant fin de la majorité absolue pour En Marche ressemble à une grosse combine pour essayer de convaincre qu'Emmanuel Macron est ouvert au delà de son parti, qu'il gouverne au delà des clivages gauche-droite. C'est aux parlementaires proches de l'UDI et d'Agir de servir de faire valoir à droite, aux parlementaires de Libertés et territoires de montrer qu'Emmanuel Macron n'est pas qu'un technocrate parisien, et à présent aux parlementaires de "Europe Démocratie Solidarité" d'être cette fameuse "aile gauche" de l'action présidentielle.

Le gouvernement est en pleine préparation de l'après-Covid. Cette période, où le Président de la République nous demandera une union nationale pour nous reconstruire comme avant lui des chefs militaires l'ont fait à la sortie des grandes guerres, n'est pour eux que cette période pré-2022 où le Président surement candidat devra réussir le tour de force d'apparaitre toujours rassembleur dans une France qu'il aura divisée comme jamais (et pourtant Sarkozy et Hollande auront été clivants, chacun dans leurs styles).

Nous saurons aussi ce vendredi si les municipales se tiendront fin juin ou en janvier. Ici aussi on pourra voir si le gouvernement veut jouer aux vieilles combines ou bien respecter un tant soit peu la démocratie. Dans tous les cas de figure il se prendra des remarques. Mais en cas de report après la fin juin, on ne pourra que le suspecter de vouloir rejouer le match en changeant les effectifs afin de sauver un peu plus la mise dans les grandes villes afin de laver l'affront du premier tour. D'ailleurs, aux rayons combines, on a un bel exemple avec Cédric Villani qui rejoint le nouveau groupe EDS à l'Assemblée Nationale mais qui se propose pour remplacer Agnès Buzyn comme tête de liste à Paris. On assiste là à une nouvelle illustration du "en même temps" présidentiel, en dehors d'En Marche au Parlement et en même temps à l'intérieur d'En Marche si besoin au Conseil de Paris...

Peut-être que ces combines ne sont que cynisme pour garder le pouvoir. Peut-être que ces combines sont la preuve que ce n'est pas le nouveau monde qui a été porté au pouvoir en 2017 mais juste d'autres têtes de l'ancien monde. Peut-être que ces combines sont les premiers signes du déclin d'un groupe qui a gravi trop vite les échelons. Peut-être...

mardi 19 mai 2020

Consultation

Lundi soir le conseil scientifique a donné son avis sur la tenue des élections municipales. Dès le début le conseil avoue que le timing est assez mauvais pour être consulté. Leur demander un avis pour savoir si un vote peut se tenir dans un mois alors que nous sommes déconfinés partiellement depuis à peine une semaine leur semble (surement à juste titre) assez prématuré. Dans son rapport, on voit que le conseil prend beaucoup de pincettes pour annoncer son avis. A première vue, ils n'ont plus envie de se mouiller après l'épisode de la réouverture des écoles. Est-ce qu'on s'approche de l'auto-censure présidentielle (se taire pour ne pas déplaire au souverain) ?

Je suis totalement en phase avec ce rapport qui semble être écrit autant sous le bon sens que sous la recherche scientifique. Dans leurs conclusions, ils annoncent par exemple : "Le Conseil scientifique souligne que d’un point de vue sanitaire, la tenue d’un seul tour de scrutin, quelle que soit la date retenue, est de nature à réduire les risques sanitaires au sens statistique." En effet, si on ne sait pas de quoi sera fait demain, autant essayer tant faire se peut de ne consulter qu'une seule fois les Français plutôt que deux. De même, recommencer toute une campagne électorale, avec ce que ça implique de serrages de mains, de distributions de tracts, de meetings, présente bien plus de risques que de finir une campagne commencée il y a de nombreux mois et dont les acteurs sont à présent bien connus des électeurs.

Je suis favorable à la tenue de ce deuxième tour du scrutin fin juin. Cela fera un mois que le déconfinement aura débuté, que les magasins auront rouvert, que les transports en commun auront repris. Ca signifie que les gens auront pris l'habitude des files d'attente car pas plus de 2 clients dans un magasin. Ils auront aussi quasiment tous un masque (entre les distributions des municipalités, celles des employeurs et les ventes libres) et auront l'habitude de le porter à certains moments (peut être pas toujours très bien mais c'est toujours mieux que rien pour les personnes qui les entourent).

Le conseil scientifique donne plusieurs recommandations pour le jour du scrutin. Bonne nouvelle, la plupart des dispositions ont déjà été mises en place lors du premier tour. Pour le déroulement de la journée de vote, les voici :
  • Le Conseil scientifique recommande que les personnes à risques en raison de leur âge ou de leur état de santé ne soient pas membres de bureau de vote.
    Elles ont le droit d'aller voter, mais autant éviter qu'elles soient toute la journée dans le bureau de vote.
  • Il est par ailleurs recommandé de prévoir une file permettant d’accueillir les personnes à risque en raison de leur âge ou de leur état de santé.
    Nous n'avions pas fait ça explicitement lors du 1er tour mais nous avions pour consigne de faire voter en priorité les personnes les plus âgées. C'est aussi ce qu'on fait lors des autres scrutins pour les personnes montrant des difficultés à se déplacer. A voir avec la participation mais au premier tour ou lors des élections européennes ou régionales, l'affluence n'est pas non plus celle de l'élection présidentielle et les files d'attente sont rares.
  • L’ouverture de portes ou fenêtres doit permettre l’aération et la ventilation du bureau de vote grâce à. Les rideaux d’isoloir ne doivent pas être manipulés. 
  • Une paroi de protection en plexiglass (ou analogue)peut limiter l’effet de projections.
    C'est une des recommandations les plus difficiles à mettre en place sauf si une visière suffit.
  • Le port de masques est préconisé pour les électeurs, qui doivent pouvoir en disposer. Le port de masques chirurgicaux (et non de masques grand public) doit être obligatoire pour les membres du bureau et les personnes participant à l’organisation du scrutin, qui doivent aussi bénéficier d’une visière de protection (avis du HCSP du 13 mai 2020).
    Je ne comprends pas très bien la nuance sur les masques chirurgicaux ou grand public surtout quand on voit que les entreprises fournissent à leurs employer la deuxième sorte pour leur activité quotidienne.
  • Le lavage des mains avec une solution hydro-alcoolique doit être mis en place à l’entrée et à la sortie du bureau de vote pour les électeurs. Les membres du bureau de vote doivent bénéficier d’un point d’eau accessible pour se laver les mains régulièrement.
    C'était déjà le cas lors du 1er tour dans mon bureau de vote et ça rassurait bien les électeurs.
  • Seul l’électeur doit toucher sa carte d’identité, dont la manipulation par les membres du bureau de vote doit être évitée. L’usage de la carte électorale est inutile.
    L'usage de la carte électorale n'est jamais très utile. Elle permet d'avoir un souvenir de l'élection et nombreux sont les électeurs à réclamer le fameux coup de tampon.
  • Les électeurs doivent être encouragés à utiliser un stylo personnel. Lors du 1er tour, je dirais qu'au moins 3 électeurs sur 4 étaient venus avec son propre stylo.
  • Le respect des distances minimales (1 mètre au moins de chaque côté) évite la contamination respiratoire et manuportée par gouttelettes. Ce critère est renforcé par le critère des 4m2 par personne statique dans un espace clos.
    Je n'arrive pas vraiment à me représenter l'espace que ça demande mais je vois mal la table de vote avec l'urne et les livrets d'émargements permettre le respect de cette contrainte. Surtout si le président et ses assesseurs ont un masque et se lave les mains régulièrement.
  • Un nombre limité de personnes doivent présentes en même temps dans le bureau de vote. Les électeurs doivent être encouragés à voter aux heures creuses du bureau (matin). Les files d’attente éventuelles doivent être organisées à l’extérieur, de préférence à l’air libre.
    C'est déjà ce qui a été fait lors du premier tour. Je pense que c'est encore plus facile à mettre en place et à faire respecter avec les habitudes prises depuis mi mars.
  • Les horaires d’ouverture des bureaux de vote peuvent être étendus, et les électeurs en être informés, afin de limiter le nombre de personnes présentes au même moment.
    A Paris, on est ouvert de 8h à 20h. Plus long ça va être très long pour ceux qui tiennent le bureau de vote et surtout pour ceux qui doivent assurer ensuite la collecte des résultats.

Pour le dépouillement, le conseil scientifique recommande de limiter la venue du public pour suivre les opérations de dépouillement. Pour garantir les distances de sécurité, il faudra surement réduire le nombre de scrutateurs volontaires pour dépouiller. Ca prendra un peu plus de temps à comptabiliser tous les votes mais ça ne gênera pas vraiment le déroulé de la fin de journée.

La tenue du deuxième tour des municipales doit pouvoir se tenir fin juin. Sauf arrivée d'une deuxième vague, rien ne devrait pouvoir empêcher cette consultation. Les électeurs devraient être en confiance, ils auront été déconfinés depuis un mois et demi. Les bons gestes seront devenus des bonnes habitudes et tous les autres lieux accueillant temporairement du public devraient être ouverts, à part les salles de spectacles mais les électeurs restent moins longtemps dans un bureau de vote qu'assis devant une pièce de théâtre. Le conseil scientifique a raison de vouloir que la tenue du scrutin soit confirmée deux semaines avant la date afin de pouvoir réagir. Même si le conseil constitutionnel n'est pas de cet avis, je pense qu'en cas de report pour causes de conditions sanitaires non respectées dans tout le pays, alors le deuxième tour doit pouvoir se tenir plus tard dans l'année sans avoir à recommencer toute une campagne électorale.

Contributions

Depuis l'arrivée de l'épidémie, on parle souvent d'avant et d'après. Je me suis pris au jeu il y a quelques jours. Il y a un côté excitant, exaltant de ce dire qu'un autre monde est possible et qu'on a peut être une occasion en or d'y contribuer. Pour cela il faut un alignement des planètes, des conditions sont requises pour espérer pouvoir retourner la table et emmener avec soi suffisamment de monde pour que le changement s'inscrive dans le temps. On peut aussi se satisfaire de petites avancées. Si on se laisse porter, elles pourraient nous amener loin. Nombreux sont les gens à apporter leur pierre à l'édifice, il reste à transformer l'essai en agrégeant toutes ces contributions.

Il y a eu des contributions financières pour aider la recherche ou les hôpitaux. Ce lundi le Hellfest, qui a un talent certains pour vider le porte-monnaie de ses fans (pour leur plus grand plaisir), a annoncé avoir récolté 195 000 € au profit du CHU de Nantes. De nombreux fans, moi compris, se sont rués vers des masques en tissus et des t-shirts collectors pour avoir un souvenir de cette édition exceptionnelle qui n'aura pas lieu. Si en plus ça peut aider les soignants à ne pas devoir vendre leur médaille pour financer leur hôpital, tout le monde est heureux.

Il y a aussi des contributions pour plus de solidarité, comme toutes celles et ceux qui ont confectionné des masques en tissu pour pallier aux manques de stocks. Des grands restaurants ont envoyé de la nourriture aux personnels soignants pour les aider à garder le moral au milieu de la crise. D'autres ont ouvert leur cuisine ou mis à disposition leur personnel et leurs stocks pour cuisiner pour les moins fortunés. Un des points durs de cette période de confinement (et qui persiste encore) est la difficulté à nourrir sa famille. La transition est rude quand il faut passer de devoir préparer un diner familial à deux ou trois repas pour toute la famille car plus de cantine scolaire, plus de restaurant d'entreprise ou de tickets restaurant. Dans un autre style et dans un contexte moins évident de prime abord, de nombreux groupes de supporters de foot ont mené des actions de soutiens locales. Par exemple pour aider le personnel hospitalier de Lens, les supporters du RC Lens ont réalisé une collecte pour monter une crèche en urgence.

Certaines contributions, même minime, essayent de faire en sorte que notre monde d'avant ne s'écroule pas. Par exemple en ne demandant pas le remboursement de son inscription à un événement (sportif, culturel) organisé par une association ou une structure (peu importe sa taille), les personnes encouragent ces organisations à rester debout et à avoir certains fonds pour envisager de reprendre une activité par la suite. Ce ne sera pas simple pour eux, certains ne s'en sortiront surement pas mais si ces aides peuvent les aider à affronter les banques pour d'autres aides, autant ne pas s'en priver.

Au final ce confinement aura contribué à faire que le monde aille un peu mieux malgré la maladie. Les cartes de surveillance de la pollution ont montré de nets progrès avec l'arrêt forcé des activités humaines. L'université Côte d'Azur a d'ailleurs mis en place un site collaboratif pour archiver et témoigner des effets positifs de cette "pause planétaire" : Open map of the global pause. On y retrouve des moutons visitant un McDo au Pays de Galles, une machine à se laver les mains inventée par un Kenyan de 9 ans, des dons d'IPad, un article sur comment la pandémie transforme nos rêves d'après l'université d'Harvard (confirmé également par Elodie dans Society) ou le fait que certaines régions en Inde ont revu l'Himalaya pour la première fois depuis 30 ans !

Toutes ces petites contributions donnent du baume au coeur et même si ça ne durera pas, même si ça ne se voit qu'une fois dans une vie, c'est toujours ça de pris.

dimanche 17 mai 2020

Confortable

C'est une semaine de vacances, confortablement installé à la campagne chez mes parents, qui prend fin. Lundi c'est le retour au travail, enfin au télétravail. Le confinement va continuer plusieurs semaines. Durant cette semaine de vacances, j'ai tout de même profité de quelques libertés offertes par les premiers pas du déconfinement.

Comme de nombreux Compiégnois, j'ai retrouvé la forêt (même si n'étant pas à Compiègne durant le confinement, elle ne m'avait pas manqué tant que ça). L'accès à la forêt se compare à l'accès aux plages du littoral et aux parcs des villes. A Paris, le confinement était difficile pour son cloisonnement entre 4 murs peu espacés. Dans le choix du lieu de vie, le choix du quartier, de l'environnement immédiat est important. Si je reste depuis si longtemps dans mon IVe arrondissement, c'est aussi pour sa proximité avec les voies sur berges et pour ses nombreux petits parcs. Leur fermeture fut dure pendant le confinement. L'impatience de les retrouver est légitime. A Compiègne ou dans les villes balnéaires, le problème est identique. Le choix de l'habitat prend en compte l'accès à ces étendues d'arbres, de sable ou d'eau qui permettent bien plus de confort qu'un simple jardin. Heureusement pour ces villes, le gouvernement et la préfecture sont un peu moins bornés et permettent à la population de retrouver ses grands espaces.

J'ai beau me dire toujours confiné, cette semaine j'ai pu tester les premiers effets du déconfinement, comme la sortie à pieds pour faire des courses en ville. Pour ce test, je me suis muni de mon masque en tissu fabriqué par Docteure. Premier constat, c'est assez drôle à porter. A se voir dans le miroir, on se dit qu'elle est loin la République qui se vit à découvert... Lors de mes déambulations, je remarque que le port du masque est presque systématique dans le quartier populaire et devient de moins en moins fréquent au plus je me rapproche du centre-ville. Certes le port du masque n'est pas obligatoire mais il y a un côté réconfortant de le voir porté. Instinctivement j'aurais pensé que la proportion de personnes portant un masque aurait été inversée. Dans le centre bourgeois de Compiègne la population est un peu plus âgée et beaucoup plus fortunée que dans les quartiers populaires. J'imaginais donc qu'une population plus à risque et avec plus de moyens aurait acheté et porté plus facilement des masques. D'autant plus que l'espace est bien plus restreint dans le centre où les trottoirs y sont plus étroits. A la périphérie les artères sont plus larges et les espaces verts plus nombreux aux pieds des immeubles, permettant plus facilement le respect de la distanciation.

Au bout de plusieurs dizaines de minutes de promenade, le port du masque devient nettement mois confortable. Mes lunettes ne tiennent pas très bien dessus. La buée s'y invite un peu trop souvent. Je ne sais pas si c'est ma façon de mettre le masque qui n'est pas bonne mais le haut est presque en contact avec les cils du bas. C'est assez désagréable. Au bout de 45 minutes, je suis bien content de retrouver mon domicile pour pouvoir enlever ce masque. Pour éviter d'avoir à porter le masque, je continue de restreindre mes sorties en ville que ce soit pour des promenades ou des achats.
Si je suis gêné au bout de quelques minutes, je ne m'imagine même pas devoir le porter pour toute une journée de travail. Même si le télétravail commence aussi à être pesant, ce choix est ainsi confirmé pour garder le confort de ne pas avoir à porter de masque puisque j'évite les transports en commun ou les réunions dans des petites salles.
C'est d'ailleurs peut-être une solution pour éviter les trop fortes affluences en ville ou dans les parcs. Obliger le port du masque va décourager certaines personnes et donc permettre plus de distance entre les gens... C'est d'ailleurs ce que propose Anne Hidalgo, rouvrir les parcs mais ne permettre l'accès qu'aux personnes portant un masque.

Demain est donc la reprise du télétravail, avec une note de confort supplémentaire par rapport aux deux derniers mois. Docteure et moi aurons chacun un bureau pour travailler avec une vraie chaise de bureau contrairement à devoir se partager le seul bureau de l'appartement (l'autre devant travailler sur la table du salon). En plus les grands-parents pourront s'occuper un peu de Grande Fille si nous devons être occupés au même moment. Ce dernier point est important pour tout le monde. Les dernières semaines Grande Fille ne supportait plus d'être délaissée alors qu'elle nous voyait à côté d'elle. Conséquence, nous avions de plus en plus de mal pour nous concentrer et faire le minimum attendu. J'espère toujours qu'elle pourra retrouver la crèche dans les semaines à venir (dès début juin ?) afin de retrouver la joie de pouvoir au milieu d'enfants de son âge.

Un petit extrait d'un concert au Confort Moderne pour bien finir la semaine :