mardi 3 novembre 2020

Compréhension

Ce lundi était mon premier jour de travail confiné, donc de télétravail. On pourrait résumer mon boulot à des réunions en continue qui s'enchainent presque toute la journée. Ca fait donc depuis mi-mars que je passe mes journées au téléphone, même après le déconfinement alors que je passais 2 ou 3 jours par semaine au bureau. Si l'activité de mes collègues est différente de la mienne, rien n'empêche le télétravail. D'ailleurs on avait tous eu l'agréable surprise durant le premier confinement que les équipes fonctionnaient plutôt bien et peu de retard était à déplorer. C'est donc avec confiance que j'aborde cette nouvelle phase de télétravail forcé.

Ce matin j'ai donc eu une belle surprise en découvrant que plusieurs de mes collègues étaient "sur site". Lors de cette première journée de travail, j'ai reçu deux sollicitations pour revenir dans les bureaux, dont une pour une réunion avec une douzaine de personnes ! Je ne comprends pas vraiment ce qui n'a pas été compris dans le terme de confinement. Surtout que je travaille en openspace, dans une petite tour moyennement aérée, avec une fenêtre sur 5 qui s'entrouve et une climatisation qui ne doit que brasser l'air intérieur.

Depuis le début de ce confinement, je parle de confinement light, je signale les légers changements que j'observe. Mais lors du premier confinement jamais nous n'avions plus que deux ou trois personnes dans les locaux, principalement pour faire des tests sur du matériel impossible à faire à distance. J'ai de plus en plus l'impression que ce confinement n'est pas pris aussi au sérieux que le premier. Je suis le premier à saluer les libertés supplémentaires offertes par rapport au printemps. Mais je crains que si on abuse de ces possibilités offertes alors la suite ne sera que plus dure. On l'a vu, notre gouvernement gouverne à tâtons et n'hésite pas à enchainer les mesures de plus en plus restrictives. J'ai l'impression que non convaincu par ses propres actes, le gouvernement n'hésite pas à durcir ses décisions sans même attendre les premiers résultats des mesures précédentes. Le problème est qu'en nous faisant glisser lentement mais surement vers le reconfinement, ce reconfinement n'a, à première vue, pas été perçu comme un choc nécessaire pour lutter contre l'épidémie. Résultat, lorsque le Premier Ministre s'exprime, il ne passe pas un message du type "Restez chez vous" mais plutôt un message de nouvelles restrictions dans la vente de produits considérés comme non essentiels. En prime il s'offre des propos hallucinants sur son refus de regretter la colonisation mais ne nous égarons pas...

Je suis convaincu que ce n'est pas la vente de produits considérés comme non essentiels qui poussent les gens à ne pas respecter le confinement. C'est plutôt l'incompréhension de la volonté gouvernementale et donc du risque sanitaire. Depuis le début du printemps ce gouvernement a montré toutes ses limites, pour ne pas dire incompétence, sur sa gestion de la crise sanitaire. En ne piochant que ponctuellement dans les rapports du Conseil Scientifique, en mettant en scène la proximité du Président avec un savant fou marseillais, en agissant et en se contredisant dans des délais de plus en plus courts, leurs propos et leurs actes sont devenus dénués de sens. Plusieurs études indiquent que des mesures coercitives sont mieux acceptées si elles sont expliquées par des personnalités scientifiques et non des dirigeants politiques. Les conclusions du Sixième Forum du futur sur la communication en cas de crise organisé en 2004 par l'OMS (ça ne date pas d'hier) préconisent par exemple :

  • ne pas transiger sur les compétences de la personne en contact avec la presse (souvenez-vous l'ancienne porte-parole du gouvernement au printemps),
  • communiquer en toute simplicité, avec exactitude et transparence, sans traiter le public avec condescendance et en temps utile avant que des mesures soient prises,
  • veiller à ce que les autorités sanitaires soient cohérentes dans leurs messages à la presse (l’objectif est de parler d’une seule voix).

Le gouvernement gagnerait à se faire plus petit, à mettre plus en avant un Conseil Scientifique sur le sujet du COVID au lieu de tenir des conseils de défense. Ses mesures gagneraient en lisibilité et en crédibilité. Hélas on a plus de chance de voir le Président et le Premier Ministre venir s'exprimer régulièrement et annoncer de nouvelles mesures qui seront, à n'en pas douter, de plus en plus restrictive et de moins en moins bien comprises par la population.

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