dimanche 1 novembre 2020

Contraintes

Un confinement sans contrainte n'est pas vraiment un confinement. Mais comme souvent, pour qu'une contrainte soit appliquée, il faut qu'elle soit comprise. Or avec tous les errements de nos gouvernants depuis de nombreuses semaines, difficile de comprendre les règles de ce nouveau confinement.

Il y a bien sûr la question des librairies. Petit rappel pour ceux qui n'ont pas tout suivi. Le gouvernement annonce que seuls les commerces vendant des produits essentiels peuvent ouvrir. Les librairies sont exclues de la liste, pas les grandes surfaces et leur rayon culture, pas la FNAC qui a réussi à négocier une ouverture grâce à son rayon informatique (afin d'aider les télétravailleurs contraints). Devant la fronde des libraires, le gouvernement réagit comme à son habitude, c'est-à-dire à contre-sens, en décidant d'interdire tout simplement la vente de livres, que ce soit en librairie ou en grande surface. Le monde du livre donne de la voix, surtout sur les réseaux sociaux. Le jury du Prix Goncourt fait de la rétention et refuse d'annoncer le ou la vainqueure tant que les librairies seront fermées.

Cette fronde est assez étonnante car au final les libraires ne sont pas tant à l'arrêt que ça. La plupart ont retenu la leçon du premier confinement et ont déjà mis en place une solution de "Click and Collect". Cette solution est pratique est permet aux libraires de continuer leur activité. Même des librairies sans site internet s'y sont mis. Par exemple, près de chez moi la librairie Henri IV reçoit les commandes par mail, par téléphone, par SMS ou même sur la pas de la porte. Le paiement et la réception de la commande se font tous les après-midis sur le pas de la porte. Je suis assez à l'aise avec ce comportement puisque c'est un peu déjà comme ça que je fonctionne avec eux. Je viens pour un livre en particulier et s'ils ne l'ont pas en rayon, ils me le commandent. C'est plus gênant pour les lieux où on aime flâner. Pour moi c'est la librairie La Friche, dans le 11ème arrondissement. J'aime y trainer et choisir un peu à l'instinct mes livres. La librairie étant à plus de 2 km de chez moi, il n'y a pas de regret à avoir.

Ce qui me surprend plus, c'est cette levée de bouclier quasi unanime autour des librairies qui occulte presque tous les autres petits commerçants. Le monde du livre proteste mais je n'ai entendu personne l'ouvrir pour défendre les disquaires. Pourtant l'activité de ces derniers est surement encore plus en difficulté. Pas de prix bloqué du disque, concurrence des grandes surfaces et des sites de vente en ligne mais surtout concurrence implacable, voire mortelle des sites d'écoute en ligne. Les rares disquaires qui existent encore doivent être soutenus continuellement et encore plus en ce moment !

Ce constat s'applique pour tous les petits commerces. Je pense que tout ce qui est achetable chez un petit commerçant spécialisé l'est dans un hypermarché. Instinctivement, je me sens plus en sécurité dans un petit commerce où le patron peut limiter facilement le nombre de clients reçus en simultané (comme c'était souvent le cas avant ce deuxième confinement) que dans un grand magasin qui reçoit bien plus de monde. Je trouverais plus logique que le gouvernement incite à visiter ces petits commerçants plutôt que de favoriser à tous prix les grosses enseignes, quitte à leur demander la fermeture du rayon Livres, et si dans le lot certains ne sont pas si essentiels que ça, est-ce vraiment un problème ?


Autres contraintes que j'ai du mal à comprendre, celles appliqués aux sportifs. Je ne critique absolument pas la fermeture des salles de sport, la fin des entrainements de sports collectifs. En revanche la contrainte de la sortie limitée à une heure et surtout à un kilomètre autour de chez soi me laisse perplexe. En quoi un joggeur qui part seul faire ses 10 ou 20 bornes (ou plus) serait un danger ? De la même façon, en quoi faire du vélo seul pendant 50 ou 100 kilomètres serait un risque pour le cycliste ou les autres ? Qu'on interdise la pratique du sport en groupe, je le conçois parfaitement. Qu'on interdise la pratique individuelle m'échappe totalement. Bien sur cette remarque n'est pas innocente. Le dimanche matin, j'aime partir à la découverte de l'Ile de France avec mon vélo. Quand je traverse la forêt de Marly le Roi ou les champs autour de Claye-Souilly, je ne me sens pas du tout dans un foyer à COVID. Pour ne pas trop perdre la forme, je vais me remettre au jogging en espérant que les lieux qui me sont accessibles, comme le Parc des berges de Seine, soient moins fortement fréquentés que lors du premier confinement.

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