lundi 9 novembre 2020

Contestation

Ce mardi, Grande Fille n'ira pas à l'école. Son école maternelle est fermée, le personnel enseignant ayant décidé de suivre le mouvement de grève nationale dans l'Education Nationale. C'est sûr ce ne sera pas le plus pratique pour nous de devoir télétravailler à deux dans l'appartement et de devoir s'occuper de Grande Fille. Ce n'est pas pour autant que je ne soutiens pas nos maîtres, maitresses, ATSEM et autres personnes travaillant à l'école.

Dans le primaire les syndicats appellent à une "grève d'avertissement". Le Snuipp-FSU indique que « en ne débloquant aucun moyen supplémentaire et en subordonnant la mise en œuvre des gestes barrières à un ‘si c’est possible’, le ministre de l’éducation met en péril la continuité de l’école. » Le Sgen-CFDT n'appelle pas à la grève mais donne pourtant les mêmes motifs d'insatisfaction suite aux dernières sorties du ministre :

Cependant les courriers du ministre ne disent rien des écoles et des collèges. Or si les connaissances épidémiologiques montrent des différences par tranches d’âge en termes de symptôme et de contagiosité, les enfants ne sont pas à l’écart de l’épidémie. Les enfants, les professionnels travaillant à leur côté et leurs familles doivent aussi être protégés non pas du risque zéro qui n’existe pas, mais des situations les plus à risque de transmission. Il en va de leur protection individuelle mais aussi de la réussite de la stratégie de santé publique pour endiguer l’épidémie.

Or dans des écoles, dans des collèges, les problèmes de distanciation en particulier à la cantine, les difficultés voire impossibilités pour aérer les salles de classe existent aussi. Pour le Sgen-CFDT, ces situations doivent enfin être prises au sérieux et des solutions doivent être trouvées.

Il faut cesser de recommander de remplacer un temps de récréation en extérieur par un temps calme en classe. Enfants et adolescent ont besoin de sortir, de bouger, c’est aussi cela qui contribue à leur santé physique et mentale. En outre c’est bien en lieu clos que les risques de propagation du virus sont les plus forts. Sur ce point, le Sgen-CFDT demande la modification du protocole sanitaire.


Comment ne pas soutenir leur mouvement de contestation ? Certes les situations sont différentes selon les villes, les établissements mais le problème général vient d'en haut. Le 20 octobre le Premier Ministre osait affirmer à l'Assemblée Nationale que « l’Education nationale, notre majorité l’a particulièrement choyée, et nous allons continuer de le faire. »
Choyés, mais ce gouvernement refuse de recruter plus de personnel alors que c'est un besoin pour faire face à de futures vagues d'épidémie mais surtout une nécessité pour correctement accompagner tous les enfants. Par exemple j'ai du mal à comprendre comment la maîtresse de Grande Fille arrive à s'en sortir avec ses 28 enfants de Petite Section.
Choyé mais ce gouvernement a rétabli le jour de carence et persiste en pleine période d'épidémie.
Choyé ce primaire, pourtant il "est le parent pauvre de l’école française : 1,2% du PIB consacré au primaire, contre 1,5% en moyenne dans l’OCDE." Comme l'indique le blog L'Instit Humeur "Sur l’ensemble de l’école primaire, les dépenses cumulées pour un élève français sont de 36 977 USD contre 51 145 USD en moyenne ; près de 40% d’écart !".

Je soutiens leur mouvement car cette école est un des derniers endroits de large brassage de population et donc un des endroits où il devient fortement possible d'attraper le COVID. Il est urgent de tout faire pour protéger la santé des enseignant-e-s et des assistant-e-s si on veut que les cours soient garantis le plus longtemps possible. Il faut protéger tant que possible ces enfants si on ne veut pas qu'ils apportent le virus chez eux. Nous sommes tous d'accord que maintenir l'école est important voire indispensable. Mais il ne faut pas que son maintien se fasse à n'importe quel prix et surtout pas au prix de la santé des enseignant-e-s.

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