mardi 21 avril 2020

Consommation

D'après l'attestation connue de tous, seuls les déplacements pour effectuer des achats de première nécessité sont autorisés. Depuis le début de cette période à domicile, on essaye de faire au mieux avec notre propre interprétation de la première nécessité. Avec Docteure, on alterne chaque vendredi matin pour partir en expédition "course de première nécessité", une sortie tous les 15 jours ! Toutes les semaines on charge à bloc notre sac à dos de randonnée et notre sac de course réutilisable pour faire tenir une nouvelle semaine de siège. Il faudrait vendredi que je pèse la masse de nos victuailles, juste pour voir ce que pèse réellement notre consommation.

Ces courses correspondent à des achats de première nécessité car ce n'est que des choses à boire ou à manger. Dans cette définition, le saucisson, la bouteille de Kwak de 75cl ou la boite de Monaco sont des produits de première nécessité, nécessaire pour garantir quelques moments agréables et reposants une fois Grande Fille dans sa chambre pour la nuit (endormie serait mentir).

En bons élèves du confinement, on s'est aussi abstenu de nos habituelles livraisons à domicile de plats préparés. Avouons le, c'est un peu difficile de faire une croix sur une livraison de sushis ou de pizza quand on est crevé de notre journée. Il n'y a vraiment pas de raison qu'on incite l'exploitation de travailleurs précaires quand les conditions sanitaires ne sont pas respectées. On en profitera surement de nouveau lors du retour à la normale, mais comme on essaye de commander dans les restaurants qui ont leurs propres livreurs, on a moins l'impression d'avoir hâte de redevenir de vils profiteurs capitalistes.

En revanche nous commençons à nous confronter à un problème plus sérieux, la Mode (enfin les vêtements). Une enfant de deux ans, ça grandit. On commence à être à court de vêtement d'été à sa taille. Le plus problématique est arrivé il y a 2 ou 3 semaines. Grande Fille ne voulait plus mettre ses chaussures, elles lui faisaient mal. Cette paire a réussi à tenir tout l'hiver, bien sûr qu'elle est à présent trop petite ! Mais début mars, on pensait avoir le temps et attendre les premiers beaux jours pour trouver chaussure à son pied. Les magasins de chaussures pour enfants ne sont pas dans la liste des établissements autorisés à recevoir du public. Il a donc fallu nous résoudre à faire appel à la vente par correspondance et faire se déplacer un livreur pour un besoin qui n'est pas vraiment de première nécessité. Lui aussi a du se dire mais pourquoi me force-t-on à sortir pour une broutille telle qu'une petite boite de chaussures...

Dès le début les libraires se sont plaints de leur fermeture forcée. Le 16 avril, c'était Amazon qui était contraint de fermer ses entrepôts français (mais continue à livrer les produits s'ils sont en stock dans les pays limitrophes). A chaque fois, on comprend que leur fond de commerce n'est pas le plus nécessaire. Après plus d'un mois de confinement, est-ce que la définition des produits de première nécessité reste la même ? Les stocks de craies, de feutres et de coloriages sont à renouveler pour les enfants. Pour les plus grands, lecture et loisir peuvent commencer à manquer (comme par exemple des jeux de société), sans oublier l'électroménager. Je n'ose imaginer la panne de mon lave-linge ou de mon four en ce moment. Comment ferais-je ?
En Allemagne, le déconfinement a commencé et les magasins de moins de 800 m² peuvent rouvrir. J'espère qu'il en sera de même chez nous prochainement, histoire qu'on puisse de nouveau consommer les produits qui nous sont nécessaires ou a minima arrêter d'avoir peur en lançant une lessive.

Pour finir, une petite chanson vaguement en lien avec notre virus chinois d'un groupe que j'ai vraiment hâte de retrouver dans une salle de concert tout en consommant une bière hors de prix :

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