lundi 27 avril 2020

Concilier

Seuls masques acceptés par les enfants
Le 13 avril le Président de la République a annoncé la réouverture dès le 11 mai des crèches, des écoles, des collèges et des lycées, contre l'avis du Conseil scientifique. Une fois la parole présidentielle descendue, reste aux différentes équipes la charge de l'intendance. C'est au niveau local (municipal, départemental et régional) et au niveau des établissements de réaliser la lourde tâche de concilier disponibilité des équipes encadrantes, responsabilité sanitaire et attente des parents. Difficile équation à triple inconnue.

Prenons l'exemple de la crèche de Grande Fille. Combien d'employés pourront être présents pour s'occuper des enfants ? Trois niveaux d'environ 15 enfants chacun. Environ 3 adultes par niveaux, sans compter le personnel moins visible des parents en cuisine par exemple. En tant normal, les effectifs sont si serrés que le moindre congé maladie un peu trop long désorganise tout l'établissement. Pour qu'un retour à la normale soit possible, il leur faut donc s'assurer de la disponibilité de toutes et tous. Il faut que tous les employés puissent prendre les transports en commun (sans avoir peur de la promiscuité). Il faut qu'ils aient un mode de garde pour leurs propres enfants, les classes des écoles, collèges et lycées ouvrant au fil des semaines sur les 3 prochaines semaines.

Dans les crèches (et ça doit être aussi applicable dans les écoles maternelles), comment concilier la fougue de l'enfance et les consignes sanitaires ? Ces enfants, dès qu'ils savent marcher, se jettent les uns sur les autres, se tirent les cheveux, se mordent. Ils demandent des câlins. Ils ont besoin d'être changés régulièrement. Comment prendre en compte des consignes sanitaires avec des enfants en bas âge qui n'accepteront ni masque ni distance ?

Il reste l'attente des parents. Une grande partie (dont Docteure et moi) espère pouvoir remettre leurs enfants à la crèche ou à l'école. Retrouver un calme plus propice au télétravail, à la concentration, et ceci plus longtemps que le temps d'une sieste. Personnellement j'espère aussi que Grande Fille retrouve la crèche pour qu'elle retrouve des moments sans ses parents, qu'elle ne reste pas 6 mois avec nous, ce qui me semble la pire des manières pour la préparer à la rentrée en maternelle en septembre.

Si on en revient à l'exemple de la crèche de Grande Fille, il va être quasiment impossible de répondre correctement aux trois critères. La variable d'ajustement sera surement celle des parents, spécialement si la demande est supérieure à la capacité d'accueil, ce qui paraît le plus logique. Ensuite il semblerait que la crèche s'oriente vers une réouverture avec un accueil au maximum à 50% de sa capacité. Moins d'enfants, moins de personnel disponible et plus d'espace, tient-on la solution miracle à cette équation du 11 mai ?


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