dimanche 19 avril 2020

Concert

C'est le printemps, le beau temps est de retour et la saison des festivals et des concerts aurait du battre son plein. J'attendais avec beaucoup d'impatience mes concerts de Russian Circle (annulé juste avant le confinement), mes week-ends de festival à Londres et à Clisson pour vivre ces week-ends hors du temps, comme immergé dans un monde parallèle. 

La logique sanitaire faisait qu'on le pressentait. Notre Président l'a confirmé, aucun grand rassemblement ne pourra se tenir avant mi-juillet. Au revoir Printemps de Bourges, Hellfest, Eurockéennes, Vieilles Charrues et tous les autres. Comme à son habitude, le gouvernement en a profité pour ajouter un peu de confusion à la situation. Le ministre de la Culture annonce que les "petits" festivals devraient pouvoir se tenir dès le 11 mai. Dans quelles conditions ? A partir de quelle taille un festival devient grand ? Chez nos voisins allemands, ils s'orientent vers une fermeture des salles de concerts pendant 18 mois !

C'est pourtant l'avenir de ces petites, grandes et gigantesques structures qui sont en jeu actuellement. Les organisateurs des festivals se sont légitimement tournés vers leurs assureurs. Le Hellfest a bien fait passer le message que son assureur est un salaud. ALBINGIA (pour ne pas les nommer) se sont montrés efficaces pour encaisser en décembre le chèque de 175 000€ pour couvrir les risques d'annulation du festival. Aujourd'hui et comme le dit l'organisation du Hellfest : "Pour ALBINGIA la solidarité c’est pour les autres, quitte à mettre en péril économiquement leurs assurés. Leur raisonnement est simple, prendre nos cotisations pour une assurance annulation : OUI, nous indemniser : JAMAIS." Pour de nombreux autres festivals, l'assurance n'existe pas ou le contrat pas encore signé. C'est le cas des Eurockéennes qui attend habituellement février/mars pour signer un contrat d'assurance en fonction de leur programmation. Pour eux, il leur faudra être inventif pour limiter les frais.

C'est aussi l'avenir des personnes, de tous les intermittents du spectacle qui travaillent pour ces événements qui est en jeu. Pour avoir droit à leur assurance-chômage, ils doivent travailler au moins 507 heures sur douze mois. Comment réussir à remplir ce quota d'heures quand toutes les manifestations culturelles sont annulées ? Il semblerait que les douze mois soient prolongés de la durée du confinement. Comment cette mesure pourrait être suffisante pour assurer un avenir serein à toutes ces personnes sur le carreau ?

L'absence de concerts met aussi un sacré frein à la promotion d'artistes qui ont sorti leur album en début d'année 2020 et qui comptait sur leur tournée pour se faire connaitre ou faire connaitre leur dernière fournée. J'ai une pensée toute particulière pour les excellents Thomas Howard Memorial qui ont sorti leur nouvel album Bonaventura le 31 janvier. Une pensée toute particulière pour eux car ils sont bons et ce sont des amis. Une pensée toute particulière pour eux car ils ont été un peu des visionnaires en réalisant une sorte de concert confiné, enregistrant un magnifique film dans le lac de Guerledan exceptionnellement asséché.

Regardez ce magnifique concert (et courrez acheter le DVD dès le 11 mai) :

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