lundi 13 avril 2020

Contradiction

Tous les soirs à 20h les rues de Paris et d'ailleurs résonnent d'applaudissements. Tous les soirs à 20h je bouillonne. Non pas que je ne soutienne pas nos personnels soignants mais j'ai un peu de mal avec cette soudaine ferveur entretenue par nos élus, nos députés, nos ministres, ceux là même qui pendant deux ans ont fait la sourde oreille aux revendications de l'hôpital public, ou pire les ont pris de haut, comme le président Macron expliquant à deux soignantes du CHU de Rouen qu'il n'"y a pas d'argent magique". Durant les manifestations contre la réforme des retraites, nous nous applaudissions souvent mutuellement, personnels soignants aux fenêtres de leur établissement ou à côté de leurs banderoles, employés attachés à l'équité de leur système de retraite dans les rues longeant les hôpitaux, tous unis face à un gouvernement sourd.

L'incompréhension est la même face aux contradictions d'un gouvernement prônant le confinement de toute la population et "en même temps" met en place des mesures pour laisser faire la livraison de plats à domicile. Les restaurants sont fermés mais les plateformes qui exploitent les nouveaux forçats de la route peuvent continuer à engranger les profits. Quand les principes de santé publique rencontrent les sacro-saintes lois du marché, ce n'est que rarement les premiers qui gagnent.

Toute cette crise n'est que contradiction gouvernementale :
  • Sur les masques: mi mars "Lorsque nous ne sommes pas malades ou pas soignants, ce n’est pas utile", début avril "Nous encourageons le grand public à porter des masques"
  • Sur les marchés : 24 mars fermeture générale des marchés en France, 3 semaines plus tard le ministre de l'agriculture "appelle les maires et les préfets à inciter à rouvrir ces marchés"
  • Sur l'éducation : les crèches, écoles, collèges et lycées furent les premiers établissements publics à être fermés avant même le début du confinement total. Ce soir Emmanuel Macron annonce qu'ils seront également les premiers à rouvrir... Quelle est la logique derrière ? Même si j'avoue voir d'un bon oeil le fait que Grande Fille puisse de nouveau s'amuser avec des enfants de son âge (que ce soit grâce à la crèche ou à des structures de centre de loisirs).

Contradiction ? Cafouillage ? Amateurisme ? Décisions prises au hasard ? L'impression que c'est la loi du marché qui gouverne est tenace, et ça n'aide pas à se rassurer sur la façon dont on arrivera à sortir sereinement de cette crise.

Pour accompagner ces moments de doute et pour se défouler un peu dans son salon :

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