vendredi 8 mai 2020

Compiègne

C'était peut-être la plus grande crainte de Docteure avant les annonces du gouvernement du 7 mai. Est-ce que la circulation entre deux villes situées à moins de 100 km mais dans deux départements différents allait être autorisée ? Pire, est-ce que ce serait autorisé entre deux départements "verts" et interdit d'un département "rouge" vers un département "vert". Soulagement jeudi soir, l'Oise et Paris sont restés deux départements "rouge" et de toute façon le gouvernement n'est pas revenu sur la règle des déplacements dans un rayon de 100 km. Nous allons donc faire nos bagages pour vivre la nouvelle phase du confinement chez mes parents, à Compiègne.

Cette règle des 100 km est étrange. On sent le nombre rond facile à retenir, mais qu'est qui rend moins dangereux de faire 95 km en voiture pour aller quelque part que de faire 150 ou 300 ? On aurait pu imaginer des contraintes plus fortes entre un département "rouge" et un "vert" pour ne pas ramener le virus dans un endroit où il est presque parti. Dans ce cas là, ce n'est pas la barrière de 100 km mais la frontière du département qui aurait eu du sens...

Je précise la faible dangerosité en voiture puisque les transports en commun sont réservés pour les travailleurs (j'imagine que ça s'applique aussi au sein des lignes de la SNCF). Il ne reste donc que le vélo ou la voiture pour se déplacer à titre personnel. J'imagine mal une grande partie de la population opter pour le vélo afin de faire les 90 km qui les sépare d'une rencontre familiale ou d'une journée en forêt. Et même si c'était le cas, le vélo est suffisamment individuel (quand on ne le pratique pas au sein d'un peloton) pour permettre de se déplacer assez sereinement

Nous irons donc à Compiègne en voiture ce lundi. Nous y resterons sûrement pour la durée du mois de mai, en continuant d'espérer que la crèche ou un centre de loisirs puisse accueillir Grande Fille pour la suite. Début juin, ça fera presque trois mois qu'elle n'aura pas eu d'interaction avec un autre enfant de son âge. Je ne suis pas sûr que ce soit le plus conseillé pour son développement personnel. Ce week-end va donc être les grands préparatifs avec la même excitation qu'un départ en vacances. Préparer toutes les affaires, surtout les principaux jeux, livres et peluches de Grande Fille. Ne pas oublier nos affaires de télétravail, si pour moi il ne s'agit que d'un PC portable et sa clé de connexion, pour Docteure ce sont livres, cahiers et autres notes à empaqueter. Il faut aussi veiller à ne pas oublier nos affaires de loisir, la console de jeux, les livres, les tenues de sport (d'ailleurs on a le droit de courir en forêt quand on est en zone rouge ?). Enfin ne pas oublier de finir le frigo, je n'aimerais pas retourner chez moi et découvrir que ma cuisine est devenu une zone de développement d'arme bactériologique (comme le guacamole de la rédaction de "Les Jours" s'il y a des jouristes qui me lisent).

En préparant cette délocalisation de notre confinement, je me demande tout de même si ce n'est pas une bêtise de troquer un confinement à 3 dans 55m² contre un confinement à 5 dans 150m². Comment se passera la cohabitation avec mes parents ? Ça fait 15 ans que je n'ai pas passé plusieurs semaines avec et chez eux, et cette fois ce sera avec femme et enfant ! Le point positif est qu'on devrait pouvoir se concentrer un peu plus lors de nos horaires de travail. On aura aussi 2 personnes de plus à qui parler de visu (je commence à en avoir assez de parler à travers un téléphone ou un micro d'ordinateur). On gagne aussi un jardin pour que Grande Fille ne joue plus que dans la cour de l'immeuble, surtout que je n'ai toujours pas très bien compris si à Paris on peut retrouver le parc des Berges de Seine et autres aires de jeux le 11 mai.

Comme je retourne en famille pour la suite de ce confinement, voici un titre en forme d'hommage à mes racines familiales:

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