lundi 4 mai 2020

Consternant

Nous avons un gouvernement consternant. Impossible d'avoir une information non démentie, non corrigée dans les heures qui suivent. Voici des chronologies par thématiques (Virus, Port du masque, Pénurie, Ecoles, Déconfinement) qui montrent que le traitement de cet épidémie relève plus du foutage de gueule que de l'amateurisme dans cette gestion de crise.


Virus

21 janvier 2020, début des conférences de presse quotidienne au ministère de la santé : "Le risque d’introduction du virus en France est faible, mais il ne peut pas être exclu" (Agnès Buzyn)
24 janvier : 3 premiers cas en France
31 janvier : un décret du Premier Ministre prévoit que tout citoyen devant rester à l’isolement à cause du coronavirus, pourra bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé. 
31 janvier : Démission de Marie Fontanel (conseillère solidarité et santé d'Emmanuel Macron). Elle sera remplacée le 1er mars.
1er février : Tous les pays de l'espace Schengen suspendent les visas avec la Chine, sauf la France.
16 février : Démission d'Agnès Buzyn (ministre de la Santé), remplacée par Olivier Véran.
29 février : Conseil des ministres exceptionnels consacré au Covid-19. Il en ressort l'emploi du 49-3 pour faire passer la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale.
1er mars : "on n’est pas dans un virus qui flotte dans l’air » mais qui « se transmet par les personnes qui éternuent, qui se mouchent et qui vous serrent la main, donc c’est vraiment du contact" (Jérôme Salomon)
10 mars : Création du conseil scientifique. Le 20 mars, le Haut Conseil de la Santé Publique rappelle que, "créé en 2004 [il] produit l’expertise nécessaire à la gestion des problématiques de santé publique"
12 mars : Fermeture des écoles (cf. chapitre dédié)
14 mars : Fermeture des cafés, restaurants et autres "lieux de regroupement non indispensables)
16 mars : Annonce du confinement généralisé par Emmanuel Macron (sans qu'il prononce le mot confinement)
16 mars : "Seules doivent persister les activités strictement nécessaires à la vie de la Nation" (conseil scientifique)
18 mars : "Tous les salariés des entreprises qui sont encore ouvertes, des activités qui sont indispensables au fonctionnement du pays, [sont appelés] à se rendre sur leurs lieux de travail" (Bruno Le Maire)
19 mars : "Arrêter de faire vos chantiers, c'est du défaitisme" (Muriel Pénicaud aux entreprises du BTP)
24 mars : "Rejoignez l'armée des agriculteurs, 200 000 emplois sont disponibles" (Didier Guillaume)
28 mars : "Je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision du confinement" (Edouard Philippe) Olivier Véran commande des respirateurs.
2 avril : Les morts dans les EHPAD sont comptabilisés
30 avril : Lancement du site Désinfox du gouvernement : "Pour se protéger et protéger les autres, il est nécessaire de se référer à des sources d’information sûres et vérifiées." (Sibeth Ndiaye)
05 mai : Fin du site Désifox du gouvernement, l'exécutif "a pris la décision de retirer cette page du site du gouvernement" (Franck Riester)


Port du masque

27 janvier : "On recommande le port du masque pour les personnes malades. Et on recommande des équipements de protection pour les soignants lorsqu’il y a des gestes à risque" (Jérôme Salomon)
24 février : "Le port du masque par la population non-malade n'ayant pas voyagé dans les zones à risque n'est pas recommandé car son efficacité n'est pas démontrée." (Olivier Véran)
29 février :  "Le masque n'est pas la bonne réponse pour le publique car il ne peut pas être porté en permanence" (Jérôme Salomon)
13 mars : "Le port du masque, en population générale dans la rue, ça ne sert à rien" (Edouard Philippe)
20 mars : "Parce que l’utilisation d’un masque, ce sont des gestes techniques précis, sinon on se gratte le nez sous le masque, on a du virus sur les mains ; sinon on en a une utilisation qui n’est pas bonne, et ça peut même être contre-productif." (Sibeth Ndiaye)
2 avril : "Il est établi que des personnes en période d'incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l'infection. En France, dans ce contexte, le port généralisé d'un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur" (Académie de médecine)
3 avril : "Si nous avons accès à des masques, nous encourageons effectivement le grand public, s’il le souhaite, à en porter" (Jérôme Salomon)
4 avril : "On doit être capable de produire des masques pour des personnes qui ne sont pas des soignants, qui sont des personnes en deuxième ligne, qui vont être contact avec le public, voire demain de proposer à tout le monde de porter une protection" (Olivier Véran)
9 avril : "Nous prendrons des mesures pour l'extension du port du masque pour toute la population dès lors que nous aurons un consensus scientifique" (Sibeth Ndiaye)
13 avril : "l’État, en lien avec les maires, devra permettre à chacun de se procurer un masque grand public" (Emmanuel Macron)
20 avril : "Il n'y a pas de consensus scientifique à ce stade sur l'utilité de l'utilisation du masque pour tous les Français" (Sibeth Ndiaye)
25 avril : "Le Conseil scientifique considère que pour les collégiens/lycéens pour lesquels la compréhension est bonne et l’éducation au port de masque est possible, le port de masque doit être obligatoire." (Conseil scientifique)

Pénurie

23 février : "Nous allons travailler avec les entreprises productrices de masques FFP2 sur le sol français, et nous passons une commande de masques en quantité"
26 février : "Nous avons débloqué les stocks stratégiques et passé en urgence une commande de masques protecteurs à destination des professionnels de santé. Santé publique France détient des stocks stratégiques importants de masques chirurgicaux. Nous n’avons pas d’inquiétude sur ce plan. Il n’y a donc pas de pénurie à redouter, ce n’est pas un sujet." (Jérôme Salomon)
27 février : "Nous sommes depuis des semaines dans l'anticipation. Nous avons et nous garderons un temps d'avance" (Olivier Véran)
4 mars : l’État réquisitionne"tous les stocks et la production de masques de protection" pour les distribuer aux soignants (Emmanuel Macron)
13 mars : Décret de réquisition des stocks et de la production de masques jusqu’au 31 mai 2020 (Edouard Philippe)
18 mars : le masque "c'est une denrée rare, une ressource précieuse pour les patients" (Jérôme Salomon)
20 mars : "Non, je ne reconnais pas qu’il en manque [à propos des masques]. Nous en avons parlé au conseil de défense, ces masques sont en cours de livraison, pour la plupart des départements ils ont été acheminés." (Laurent Nunez)
21 mars : "C’est parce que nous avons dès le début considéré que la disponibilité en masques allait être une difficulté, qu’il a été décidé, dès le mois de janvier, de recourir à l’importation de masques, avant même l’apparition de premiers cas sur notre territoire national" (Olivier Véran, sans que quiconque ait parlé d'un problème de masques en janvier)
21 mars : "Il faut appeler un chat un chat, en ce moment, on ne peut pas répondre à la demande de masques qui serait nécessaire" (Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique)
30 mars : 8,5 millions de masques arrivent en France par avion (sur une commande de 1,5 milliards de masques). La production nationale est à 8 millions d'unités par semaine. Les besoins hebdomadaires évalués à 40 millions.
27 avril : La vente des masques est autorisée en pharmacie

École

11 mars : "Les enfants ne constituent pas un public fragile, il ne faut pas avoir peur de les envoyer à l'école" (Olivier Véran)
12 mars matin : "Nous n'avons jamais envisagé la fermeture totale des écoles" (Jean-Michel Blanquer)
12 mars soir : crèches, écoles, collèges, lycées et universités sont fermées jusqu'à nouvel ordre (Emmanuel Macron)
20 avril : le conseil "propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre." (conseil scientifique)
21 avril : La reprise se fera sur 3 semaines (première semaine - du 11 mai - pour les grande section de maternelle, CP et CM2 ; deuxième semaine pour les Sixième, Troisième, Première et Terminale ainsi que les ateliers industriels en lycée professionnel, troisième semaine pour les autres classes) (Jean-Michel Blanquer)
23 avril : le retour à l'école se fera sur les bases du volontariat (Emmanuel Macron)
28 avril : Réouverture des classes primaires le 11 mai , réouverture des collèges pour les Sixième et Cinquième dans certains départements le 18 mai, pas d'ouverture des lycées avant début juin (Edouard Philippe)
30 avril : "A partir de juin, il faudra une attestation de l'école pour bénéficier du chômage partiel." "On considère, à ce stade, qu’en juin les écoles auront eu le mois de mai pour s’organiser et permettre l’accueil des enfants" (Muriel Pénicaud)
3 mai : "Le conseil scientifique était opposé à la réouverture des écoles « comme avant », ce qui n’a jamais été notre volonté. Nous sommes donc en accord." (Olivier Véran)


Déconfinement

13 avril : "Le 11 mai, il s'agira aussi de permettre au plus grand nombre de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services." (Emmanuel Macron)
22 avril : Le déconfinement se fera "selon les secteurs et selon les régions" (Emmanuel Macron)
23 avril : Emmanuel Macron ferme la porte à un déconfinement par région.
création d'une carte du covid sur le territoire
28 avril : "Nous proposons un cadre de déconfinement adapté aux réalités locales de l’Hexagone comme de l’Outre-Mer." "afin de déterminer quels départements basculent le 11 mai en catégorie disons « rouge », circulation élevée, ou « vert », circulation limitée" (Edouard Philippe)
02 mai : "La quarantaine et l'isolement ne seront obligatoires que lors de l'arrivée sur le territoire national" (Olivier Véran)
03 mai : La France n’imposera pas de quarantaine à "toute personne, quelle que soit sa nationalité, en provenance de l’UE, de la zone Schengen ou du Royaume-Uni" (Emmanuel Macron)
03 mai : "si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de lever du confinement pourrait être remise en question et appréciée selon les départements" (Olivier Véran)
04 mai : "le 11 mai ne sera pas le début de l'insouciance, ce sera le début de la reprise" (Edouard Philippe)
07 mai : Le gouvernement a préféré en métropole faire un choix par région plutôt que par département car le niveau de tension dans les hôpitaux et la saturation des services de réanimation «se conçoivent à l'échelle régionale» (Edouard Philippe)



Sources : 
"Covid-19 : Le gouvernement a-t-il sous-estimé la crise et tardé dans ses décisions ?", France Inter, 31/03/2020
"Covid-19 : chronologie d'une débâcle française", Mediapart, 11/04/2020

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