samedi 31 octobre 2020

Comparaison

Ce nouveau confinement commence d'une étrange façon. Le précédent date d'il n'y a pas si longtemps et la comparaison est inévitable. Après les premières heures, difficile d'avoir l'impression de vivre la même expérience.

La première différence est de taille. Les écoles, collèges et lycées sont ouverts. Ce qui signifient que les parents ne devront pas se transformer en professeurs de substitution. C'est extrêmement rassurant pour nous, parents télétravailleurs, car ça nous enlève un poids énorme. Sur la durée d'une journée de classe, nous pourrons nous concentrer sur notre activité professionnelle, d'autant plus que par rapport au premier confinement, les universités ne sont pas à l'arrêt, Docteure aura donc bien plus de travail qu'au printemps dernier. Ca signifie aussi qu'on n'aura pas cette charge éducative à mener de front avec nos tracas professionnels. Je m'imaginais mal mener de front l'apprentissage de la motricité fine (et la patience que cela requiert) et le suivi d'un éventuel incident dans le fonctionnement de mon système informatique (et le stress et les multiples sollicitations que cela engendre). Si tout se passe bien, et tant que l'école restera ouverte sans mettre en danger les professeur-e-s et leurs assistant-e-s, nous pourrons différencier clairement les moments de la vie professionnelle et ceux de la vie privée. C'est plus sain ainsi.

L'ouverture des écoles va nous permettre aussi des sorties régulières. Avec le rythme de marche de Grande Fille, ses nombreuses poses pour observer le monde qui l'entoure, il faut compter au moins trente minutes de trajet à pieds entre le domicile et l'école. Le soir ce temps peut même doubler si l'envie n'y est pas. Ce seront toujours ces moments de gagner sur l'enfermement imposé. Pour Grande Fille, ça aidera à invisibiliser cette contrainte. Les sorties sont aussi importantes pour les jours sans école. Et sur ce point, alors que le confinement n'est pas démarré depuis 48 heures, la différence avec le premier épisode est flagrant. Au printemps je ne sortais dans la rue que tous les 15 jours pour faire les courses de la semaine. Depuis vendredi, je suis déjà sorti deux fois pour faire un tour avec Docteure et Grande Fille. Certes on fait attention de ne pas partir trop loin ni trop longtemps, mais un rayon de 1km et une durée d'une heure, ça suffit à fatiguer une Grande Fille. Cette contrainte est plus difficilement compréhensible pour d'autres activités mais je reviendrais surement sur ce sujet plus tard.
Force est de constater que c'est la même chose pour un grand nombre de nos voisins. Ni hier soir, ni ce matin j'avais l'impression de me promener dans une ville déserte comme j'avais pu le ressentir lors du premier confinement. Les gens se promènent, profitent des parcs pour lire leur journal, les enfants font du toboggan. La vie continue en extérieur et je trouve ça pas plus mal. Si ce virus préfère les endroits fermés et mal aérés, alors profitons des espaces extérieurs du moment que l'on fait attention de ne pas se retrouver à plusieurs et qu'on reste confiner socialement au noyau de son domicile.

Ce nouvel épisode de confinement vient de commencer et j'ai l'impression qu'on a retenu la leçon du premier exercice et que chacun adapte les règles à son goût. Je me dis que tant qu'on se tient à distance les uns des autres, on est dans l'esprit de l'exercice et ce n'est pas parce qu'on sort tous les jours (voire deux fois par jour) qu'on s'expose ou qu'on expose les autres. En espérant que nos gouvernants ne nous enlève pas ces rares moments de liberté à l'air libre dans les jours ou semaines à venir.


Bon week-end loin des autres !

vendredi 30 octobre 2020

Confidentiel anniversaire


Aujourd'hui est un jour particulier et important, c'est l'anniversaire de Grande Fille. Cela fait trois ans qu'elle égaye nos journées, qu'elle nous émerveille de ses progrès et, plus rarement, qu'elle nous agace avec son caractère qui s'affirme. 

Aujourd'hui est un jour particulier dans une ambiance particulière. Une ambiance de fête confidentielle, un retour du confinement qui nous empêche toute fête familiale mais si pour cette fois, ce ne sont pas les annonces gouvernementales qui ont contrecarré nos plans. Cet anniversaire devait se faire confiné, nous n'avions pas trop le choix. L'idée initiale était un voyage en famille en Suisse pour pouvoir montrer à Grande Fille les préparatifs de l'arrivée de sa future cousine helvetico-franco-américaine. Les frontières fermées et la quarantaine imposée par la Suisse rendant impossible la tenue d'un week-end familial et festif. Qu'à cela ne tienne, nous espérions pouvoir nous retrouver avec les grand-parents paternels, eux aussi privés de Suisse, pour une journée toute aussi excitante. Le sort en a décidé autrement puisque les deux sont positifs à ce maudit virus. Heureusement la maladie n'est pas trop grave et semble ne pas trop abimer la santé des aïeux. Malheureusement les précautions doivent être prises pour éviter tout contact. Cloîtrés dans leur maison avec les cadeaux de Grande Fille qui n'attendent qu'à être ouverts, c'est de nouveau grâce aux visioconférences qu'ils pourront partager quelques moments avec leur petite fille.

Heureusement le confinement se veut plus léger que le premier. A la fin du week-end, Grande Fille, du haut de ses 3 ans, devrait retrouver son école et ses ami-e-s. C'est rassurant de se dire qu'elle pourra continuer à évoluer dans une certaine normalité, poursuivre son éducation, son développement entourée de personne dont c'est le métier. Elle attendra tout de même un peu avant de retrouver sa maitresse préférée, elle aussi étant en attente des résultats de son test Covid. Ce n'est qu'une impression mais j'ai le sentiment que j'ai plus de personnes dans mon entourage qui ont attrapé cette maladie depuis le début de l'automne qu'au moment du printemps. Fort heureusement pour le moment aucun des malades de la deuxième vague n'a eu de forme critique nécessitant une hospitalisation. Cette hausse dans mon entourage me fait dire que ce confinement n'est peut-être pas une si mauvaise chose. En tout cas cela semble la mesure la plus logique prise depuis de nombreuses semaines.

On peut tout de même se poser la question de l'intérêt de fermer les petits commerces. Pourquoi imposer la fermeture des librairies quand on pourrait leur laisser le choix de leur organisation ? On entre dans la période des prix littéraires, peut être la période qui leur amène le plus de client. Boutique fermée, qui va récolter les fruits, les géants de la vente sur internet, c'est bien dommage. Espérons que la plus part réussisse à trouver des solutions alternatives afin qu'on puisse continuer à se faire de petits cadeaux à nous même quand l'envie d'un nouveau livre se fait trop pressante. Après tout, nous ne sommes pas obligés d'attendre un anniversaire avec beaucoup d'invités pour se faire plaisir.

Confinement 2, le retour

Ce premier confinement, on l'avait quitté sans trop y croire avec un déconfinement progressif, local, par profession. Puis on a repris goût à notre vie d'avant. On revenait plus ou moins fréquemment au travail, selon les envies ou les possibilités de chacun. On retrouvait nos habitudes, voire on s'en créait de nouvelles (qui n'a pas eu de réaction outrée en voyant des films ou séries avec des acteurs ne respectant pas une distanciation sanitaire ?). L'important, le vie reprenait son cours. 

Dernièrement il y avait tout de même quelque chose qui sonnait faux. Tout d'abord notre gouvernement avec ses prises de mesures sans trop y croire. Vas-y que je ferme les bars, que je contrains les restaurants mais pas les lieux de restauration d'entreprise. Vas-y que je crée des couvre-feu sans explication intelligible. A quoi aurait pu servir cette interdiction ? Les études montraient-elles des clusters lors de regroupements de collègues ou amis lors de soirées privées ? Ces clusters étaient-ils dans la rue une fois la nuit tombée ? Aucun cluster ne serait visible dans les bureaux et les open-spaces ? Ce gouvernement donnait l'impression de balancer ses dernières cartouches pour ne pas avoir à admettre un reconfinement, probable signe d'un échec surtout quand on axe toute la communication autour du nouveau Premier Ministre, alias "Monsieur Déconfinement". Pourtant soyons honnêtes, une majeure partie des gens côtoient bien plus de personnes sur une journée de travail qu'en soirée. Sans être épidémiologiste mais en écoutant les recommandations du gouvernement, les transports en commun semblent bien plus dangereux que se partager une côte de boeuf au resto du coin.

Le problème est que ces mesures prises semaines après semaines donnent l'impression que le gouvernement, tel un père fouettard, est obligé de sévir à cause d'enfants turbulents et intenables. Quitte à faire passer le message sous-jacent que tout malade du COVID serait fautif, coupable d'un comportement inconscient, coupable de ne pas avoir accepté la solution de suivi gouvernementale (peu importe le nom de l'application). A croire que si tout le monde écoutait le gouvernement, alors le virus serait éradiqué. Bien sur ça ne peut pas être vrai. Bien sûr, il est inutile de stigmatiser les malades de ce p****n de virus. Surtout que les cartes de développement de la contamination montrent des évolutions dans tout le pays et pas uniquement dans les grands centres urbains.

En revanche il est plus que jamais nécessaire d'être solidaire face à cette maladie. Il faut que chacun prenne sa part, d'où la nécessité d'un confinement national. Si chacun doit prendre sa part de responsabilité, alors le gouvernement aussi. Depuis le début de ce virus, malgré les promesses d'un monde d'après qui serait meilleur, rien ne se passe. Le secteur médical ne bénéficie toujours pas d'un plan de développement pour faire face aux crises à venir. Les jeunes les plus précaires ne sont toujours pas aidés alors qu'ils font partis des premières victimes des crises économiques. Les solutions existent et sont débattues depuis de nombreuses années, une véritable politique de santé publique, un revenu d'accompagnement universel et à défaut un RSA pour tous, y compris pour les jeunes adultes.

Alors nous y sommes de nouveau. Nous allons retrouver le confinement du printemps, avec une météo automnale qui nous fera un peu moins regretter le monde extérieur mais avec quelques libertés supplémentaires bienvenues. Grande Fille reprendra le chemin de l'école lundi, on devrait aussi pouvoir sortir le week-end pour l'aider à évacuer sa fougue juvénile. Nous sommes repartis pour un nouveau chapitre, nous verrons ici au fil des jours ce que cela signifie. En attendant, ne faites pas cette tête là...


vendredi 3 juillet 2020

Con comme raciste

Je me présente. J'ai écrit plusieurs billets, j'ai tenu un autre blog avant, mais en introduction de ce billet, je me sens obligé de me présenter. Je suis un homme blanc, cis, très proche de la quarantaine (l'âge pas la manière d'être confiné), habitant le centre de Paris.
Pourquoi ce préambule à présent ? Car malgré mon privilège blanc (volontairement sans guillemets), masculin, hétéro je suis choqué par l'actualité.

Ce lieu, ce blog, a été mon moyen d'expression de mon quotidien durant le confinement et les prémices du retour à la normale. Le retour à la normale n'est toujours pas d'actualité mais pour ceux qui suivent ces billets, la crèche et les bars/restaurants ont rouverts, ça correspond à des signes majeurs de retour à la normale. Pourtant aujourd'hui est arrivé par une singulière concomitance des articles accablants contre les violences policières majoritairement intervenues durant le confinement (même si on sent que c'est un malheureux hasard). Les Jours ont commencé une nouvelle obsession (une nouvelle série dans leur langue). Le premier épisode est accablant et ne donne pas envie de lire la suite, surtout si on vit bien dans un monde avec des œillères. Trois citoyens sont suivis.

Le premier, Malo, un enfant de 14 ans qui sort de sa barre HLM pour retrouver son camarade de collège. Il explique qu'à la vue des flics :
« Je ne sais pas pourquoi j’ai couru, je pense que j’ai eu peur de me prendre une amende parce que nous étions deux, je crois qu’on n’avait pas le droit de se retrouver. Je ne voulais pas rentrer à la maison avec une contravention. »
A cause de cette course, l'enfant (14 ans je le rappelle) a reçu : "une droite sur l’arcade gauche", "une énorme baffe sur la joue gauche", "Le policier m’écrasait le dos avec un genou et me faisait une clé de bras", des baffes pour ne pas avoir déverrouillé son téléphone... Enfin, ces racistes (ne les appelont pas par leur fonction par égard à ce qu'ils devraient représentaient), se rendent compte qu'ils ont à faire à un gamin de 14 ans. Leur réaction pleine d'excuse : "Si je te revois traîner, tu es mort ! Tu m’as bien compris ?"

Seconde personne, Ramatoulaye, sort faire des courses durant le confinement. Elle entendra ces propos : « Ferme ta gueule ! », « sale pute ! », « petite merde ! », « sale pétasse ! ». Ramatoulaye recevra des coups de Taser pour avoir osé faire des courses en période de confinement. Au final, elle sera emmenée au commissariat et mise en cellule durant une heure avec un vieil homme sous prétexte que "Tiens, rentre là-dedans choper le coronavirus." A l'heure de la publication de l'article, elle doit se contenter de ceci :
"Trois mois plus tard, la jeune femme ne comprend toujours pas pourquoi elle a été frappée, humiliée et placée en cellule. Elle s’en veut d’avoir fait une pause, de s’être arrêtée à la hauteur d’un fourgon de police. Son petit frère est traumatisé, confus : « Pour lui, les policiers, c’étaient des gentils. Maintenant, ce sont des méchants. » Elle espère qu’un procès lui permettra d’obtenir des réponses, d’être reconnue en tant que victime, d’obtenir justice."

Troisième cas, Madame Diallo. On est loin du confinement puisque l'histoire se déroule en 2015. Sans plus de raison valable : "un fourgon de police passe, s’arrête, les agents alignent les gamins face au mur, les fouillent et contrôlent leur identité." Son fils sera embarqué au commissariat alors que Madame Diallo propose aux agents de police racistes d'aller chercher les papiers d'identité du jeune homme restés dans son logement. Le fils de madame Diallo sera tout de même embarqué au commissariat. Ce "simple" contrôle d'identité n'attendra pas le retour de la mère. Au commissariat, cette femme se battera pour faire sortir son fils interpellé sans raison. Une fois sorti, son fils sera victime de représailles de la part des flics, tels de vulgaires voyous :
"« Je n’entends pas ce qu’il se passe mais je vois les policiers contrôler mon fils et lui écraser la tête contre le mur. » Le jeune de 16 ans se débat, il est mis au sol, menotté et frappé par cinq gardiens de la paix."

Ces témoignages sont des témoignages de violences policières où ni la police, ni l'IGPN n'a donné suite pour le moment. Hasard du calendrier, le site StreetPress publie également un résumé des actes racistes commis envers 39 personnes dans la ville d'Argenteuil. Dans ce récit, on retrouve les mêmes gestes : baffes, obligation (non légale) de déverrouiller le téléphone, violence supplémentaires car le téléphone déverrouillé n'amène à rien (logique...). On y comprend, comme dans "Faites entrer l'accusé", que le "gang à la Skoda noire" n'est que la "Brigade Anti Criminelle"...

N'en déplaise au ministre de l'Intérieur, les violences policières existent, verbalement, physiquement ou psychologiquement (je n'arrive pas à imaginer l'état d'un enfant de 14 ans à qui des policiers diraient "Si je te revois traîner, tu es mort !"). Étrangement, aucun autre ministre ne défend ses employés autant que le Ministre de l'Intérieur. Par exemple, dans l'Education Nationale et dans l'Enseignement Supérieur, ce sera "l'intérêt" de l'enfant, la compétitivité et l'autonomie des établissements qui seront protégés, au détriment des femmes et des hommes qui travaillent. A l'Intérieur, c'est l'inverse. Peu importe le fonctionnement raciste, sexiste, homophobe, l'important est de protéger les employés a contrario des autres ministères qui chercheront à mettre en avant leur public pour leurs réformes contestées (en décrypté : on ne touche pas au racisme institutionnalisé dans la Police mais on le combat à l'école).

Pour rassurer les aveugles qui ne veulent pas voir, oui ces comportements se produisent partout et tout le temps. Ce n'est pas l'apanage du ministre Castaner, ni de la France. En revanche, il est inadmissible qu'un ministre continue de cautionner ces actes. Il est inconcevable qu'il puisse exister une "police des polices" qui n'est rien à redire à ces témoignages. Il est hallucinant que des gens continuent à dire que certains délinquants sont morts à juste titre uniquement parce qu'ils avaient enfreint la loi. A tous ces gens, je leur propose de penser à leurs enfants, neveux et nièces, et toutes autres progénitures, afin de voir s'ils accepteraient tant de violence pour un geste hos la loi, aussi dangereux, aussi impliquant soit-il.

Je suis fier de l'abolition de la peine de mort prononcée par la Justice, ce n'est pas pour devoir subir par des personnes (représentant la justice ou l'ordre) un droit de punir par la mort ou par la violence tout délinquant pris sur le fait.

En attendant une prise de conscience des différentes directions nationales et régionales, il est difficile de conclure ce billet par 4 autres lettres que ACAB. Certes "Not all men", donc "Not all cops" mais si cette assertion déplait, alors agissez plutôt que de fermer les yeux.

lundi 8 juin 2020

Conclusion

Nous y sommes. On voit le bout de ce confinement. J'avais laissé une vie normale un dimanche soir de mi-mars. Il aura fallu attendre début juin pour commencer à retrouver cette normalité. Certes tout n'est pas exactement comme je l'avais laissé il y a près de trois mois. Le temps est un peu plus maussade (un comble !), le second tour des élections municipales approchent, on se croirait presque fin mars...

Depuis une semaine, la vie normale reprend doucement. Grande Fille a retrouvé avec joie sa crèche. Ses journées ne sont pas vraiment les mêmes que la dernière fois qu'on a quitté la crèche, quelques jours avant l'arrivée du printemps. A la crèche, on ne l'accompagne plus jusque dans sa salle, on se fait des bisous à travers mon masque pour se dire au revoir. Le soir, on récupère une fille heureuse et un mot lu par la directrice qui résume la journée. C'est un peu plus froid qu'avant, un peu à l'image de la météo actuelle.

Mon déconfinement ne devait commencer qu'à la réouverture des bars et des restaurants. Tous ne répondent pas encore présent, mais dès mardi j'ai pu retrouver ces petits plaisirs. Une entrecôte et une pinte de blonde auront été mon premier repas dans une terrasse qui afficha complet dès 12h30 (j'aurais cru qu'il y aurait eu plus de monde plus tôt). Le jeudi soir, j'ai aussi pu retrouver le plaisir de ces soirées entre amis. Même pour des taiseux, il y en a des choses à dire sur les derniers mois passés ! Quelques bières en terrasse, puis un diner dans un environnement un peu venteux mais chaleureux.

Pour fêter ce déconfinement, j'ai investi dans un vélo. C'était une volonté qui datait d'avant la crise pour me permettre de continuer un entrainement sportif sans mettre trop à mal mes genoux. Mais aujourd'hui il risque de servir plus que prévu. Comme beaucoup de personnes, je vais utiliser ce vélo pour me rendre par moment au travail. Il faut avouer qu'il est bien plus plaisant à piloter que ce bon gros Vélib que j'ai tant utilisé et que je continuerais surement à prendre de temps en temps. Ce sera pratique tant que les transports en commun ne seront pas suffisamment rassurant car je suis tout de même attaché à ces petits moments de lecture quotidiens dans le RER.
Pour le moment je continue à travailler de chez moi mais nous allons organiser un retour progressif dans les locaux. On devrait se limiter à 25% du personnel dans un premier temps. Ce jeudi sera mon premier jour. Je ne pense pas y retourner régulièrement avant début septembre mais j'ai hâte de voir à quoi ressemble en vraie l'organisation mise en place pour limiter les contacts.

Ce premier week-end de déconfinement pour ma famille est aussi le retour des parcs et des aires de jeux. On a retrouvé notre Jardin des Plantes et Grande Fille a hâte de retrouver les animaux de la ménagerie. Les toboggans sont toujours là et même si je ne suis pas vraiment sûr qu'on ait le droit de les utiliser, le sourire et la joie de Grande Fille sur les jeux m'avaient manqué. Ce week-end nous avons aussi célébré un autre déconfinement, celui du parvis de la cathédrale Notre-Dame. Plus d'un an que nous n'avions pas pu nous y rendre. Avec ce déconfinement c'est vraiment un retour vers notre vie d'avant qui débute.

Ce déconfinement débute, ce blog va prendre une autre forme. J'ai pris beaucoup de plaisir à mélanger vie privée et commentaires d'actualité sur ce confinement. Je suis heureux d'avoir tenu mon pari personnel de n'écrire que des billets avec un titre commençant par "Con" ou "Com". Une quarantaine de billets pour raconter une sorte de quarantaine collective, c'est un joli symbole. J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l'écriture. Même si le rythme n'est pas simple à tenir, je pense, j'espère réussir à continuer à faire vivre ce blog. Après tout, on est toujours le con de quelqu'un, et j'ai l'impression que je vais encore avoir beaucoup de choses à dire, il faut juste que j'arrive à trouver le temps.

Ce billet est donc plus la conclusion d'un chapitre que l'épilogue d'une histoire.

samedi 30 mai 2020

Consignes

Mardi matin Grande Fille reprendra le chemin de la crèche. J'ai hâte mais je me demande tout de même à quoi ressemblera cette "rentrée". Comment sera l'ambiance ? A quoi ressemblera une journée (bon cette question je me la pose même hors période exceptionnelle). Les transmissions et le dialogue entre le personnel encadrant et les parents peut-il se faire sereinement avec la distanciation nécessaire ?
En préparation du 11 mai, j'avais reçu une série de consignes pour la crèche, j'imagine qu'elles sont toujours d'actualité. La plupart d'entre elles s'appliquent ou s'adaptent à pas mal de situations de la vie courante quand on a des contacts avec l'extérieur, je vous en partage donc quelques unes.

La première consigne, simple et basique, est de ne pas de pointer à la crèche si on présente le moindre symptôme du COVID-19. En revanche il est fortement conseillé de consulter son médecin. Si on ne présente pas de symptôme, nous pouvons aller à la crèche. Ce ne sera pas en famille, un seul parent est accepté. De même il est demandé de ne pas venir avec les frères et soeurs. Cette restriction semble logique mais j'imagine que les familles qui viennent avec tout le monde, c'est aussi parce qu'il n'y a pas vraiment d'autre solution. Le matin, il faut amener tout le monde à l'école. Si l'école n'accueille pas les enfants ou si elle a des horaires décalés, que faire de l'enfant ? Les parents ne vont pas le laisser seul à la maison pendant que l'un d'entre eux va chercher le tout petit.
Avant d'aller à la crèche il nous faudra prendre la température de Grande Fille tous les matins pour la communiquer au personnel. On en a profité pour acheter un thermomètre à infrarouge pour éviter de longues batailles pour la mesure de la température toujours plus compliqué avec un thermomètre traditionnel. Surtout que le matin, chaque minute sera comptée. On nous demande de respecter notre créneau horaire d'arrivée. Cette consigne semble assez sérieuse puisqu'on nous a bien dit qu'il y avait une famille 5 minutes avant nous et une autre 10 minutes après nous. Ce sera la première fois qu'on va devoir respecter un horaire pour l'arrivée à la crèche. Nous qui avions l'habitude de trainer un peu en chemin avec Grande Fille en faisant du vélo ou en regardant les alentours... Ce sera pour nous une bonne préparation pour la rentrée à l'école maternelle de septembre où j'imagine que les horaires d'accueil sont aussi assez stricts.
Une fois à la crèche, le port du masque est obligatoire pour le parent, ainsi que l'utilisation du gel hydroalcoolique en entrant dans l'établissement. Même avec ces précautions, nous n'aurons pas le droit d'entrer dans les salles, tout se passera dans le hall d'entrée. Je suis curieux de voir l'organisation du personnel pour gérer l'accueil dans le couloir et les enfants dans les salles.

Ce genre de consignes sont mises en place un peu partout. Les entreprises ont toutes mis en place des sens de circulation dans leurs locaux pour éviter les rencontres. Ce qui peut poser problèmes aux personnes ayant des handicaps. Docteure me disait qu'à sa faculté, ils sont en train de préparer la rentrée avec le même genre de consignes. Une de ses collègues est aveugle et est guidée par un chien. Elle ne pourra donc pas revenir en présentiel tant que ces consignes s'appliqueront. Son chien est formé pour la guider vers les portes, pas pour suivre un parcours fléché jonché de sens interdit. De la même façon, sa cécité implique qu'elle doit toucher constamment le mobilier, tant de gestes proscrits. J'imagine qu'on peut surement faire une exception pour le sens de circulation en revanche c'est surement plus compliqué pour le côté tactile.

J'attends aussi de découvrir les consignes pour profiter des restaurants, du moins de leur terrasse dans un premier temps. J'imagine les serveurs obligatoirement masqués. Leurs conditions de travail ne seront pas optimum et j'espère qu'ils n'en souffriront pas trop entre la chaleur du masque, celle de l'extérieur et les distances parcourues entre les tables en terrasse et les cuisines.

La semaine prochaine va débuter mon déconfinement. Ces nombreuses consignes seront là pour me rappeler que la crise n'est pas encore finie. Elles sont aussi là en guise d'encouragement, encore un petit effort et tout ceci sera derrière nous.

jeudi 28 mai 2020

Concret

"Fais les valises, on rentre en Paris !"
Je fais mienne une des célèbres phrases de Georges Marchais. La situation est meilleure qu'à l'époque. Le premier secrétaire communiste aurait prononcé ces mot en 78 à sa femme alors qu'ils étaient en vacances et qu'il entendait François Mitterrand mettre à mal le Programme Commun. Aujourd'hui le déconfinement devient suffisamment concret pour qu'on puisse nous préparer à quitter l'Oise pour rentrer à Paris.

La condition sine qua non était le retour à la crèche. La bonne nouvelle se profilait depuis le début de la semaine. La confirmation est venue ce midi. Grande Fille va retourner à la crèche dès le mardi 02 juin. La crèche avait commencé le déconfinement en accueillant en tout et pour tout 10 enfants tout âge confondu. Plus tard, ils ont réussi à trouver les moyens pour ouvrir une deuxième salle et donc accueillir 20 enfants sur les 45 habituellement. Le 02 juin, ce sont 6 nouvelles places qui s'ouvrent. Si l'idée d'une place se faisait de plus en plus concrète ces derniers jours, il restait les derniers détails d'organisation. Allions nous retrouver la crèche à temps complet ou à temps partiel ? Ce sera un mix des deux. Les deux prochaines semaines, Grande Fille retrouvera la crèche tous les jours. Ensuite on partagera la place avec une autre famille en n'y allant que les 3 premiers jours de la semaine. Nous pouvons retourner à Paris pour télétravailler sans avoir à se préoccuper d'occuper Grande Fille tout le long de la journée. Quant à elle, elle va enfin retrouver des enfants de son âge pour jouer. Elle va aussi retrouver un environnement un peu plus "neutre" où elle ne sera plus la seule star et devra de nouveau partager l'attention. Ça changera des 11 dernières semaines.

Deuxième condition donnant envie de revenir, la réouverture tant attendue des parcs parisiens. C'était une aberration qui durait depuis le 11 mai. Les magasins, les supermarchés, le métro, trois endroits fermés et accueillants du monde avait eu l'autorisation d'ouverture. Les espaces verts parisiens étaient exclus, ce qui provoquait immanquablement des attroupements dans les rares endroits à l'air libre et ouverts. Leur réouverture va nous permettre de retrouver nos occupations du week-end (en attendant la réouverture de la ménagerie du Jardin des Plantes).

Troisième point rendant concret le déconfinement et donnant envie de rentrer à Paris, la réouverture des terrasses des bars et restaurants. Si le reste de la France va retrouver ses restaurants, nous allons nous contenter de nos terrasses dans une premier temps. Je ne pourrais pas encore revoir tous mes restaurateurs préférés mais au moins je vais pouvoir les premiers d'entre eux. J'avais un peu peur de ne pas être là pour leur retour. Non pas qu'être le premier est important mais je voulais leur montrer mon soutien. Je ne les ai pas applaudis à chaque déjeuner et chaque dîner mais le coeur y était. Ils étaient souvent dans nos discussions à table. J'ai vraiment hâte à présent de reprendre des discussions à leur table.

Depuis trois semaines, j'ai retrouvé mes parents après 2 mois sans voir personne. Pour la prochaine étape, je vais retrouver mon chez moi. Je ne vais pas retrouver de suite mes collègues et mon openspace. Je ne vais pas retrouver mes concerts et les festivals non plus. Mais pour la première fois depuis la mi-mars j'ai vraiment l'impression que le confinement approche de sa fin. Il ne va pas falloir faiblir. Les masques resteront un vêtement indispensable pour toute sortie. Je ne me sens pas prêt à retourner dans le métro ou le RER et si je dois retourner ponctuellement au bureau, je privilégierai le vélo. Avec tout ça, avec les premières réservations pour les vacances, le déconfinement se concrétise enfin !